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Rien ne s’oppose à la nuit

20/10/2011

Il est des livres dont on se dit, après les avoir lus, que l’écriture c’est quand même un sacré truc. Un truc qui s’impose et qui vous oblige. Enfin j’imagine que c’est ce qui s’est passé pour Delphine de Vigan et son dernier ouvrage Rien ne s’oppose à la nuit qui relate l’histoire de sa famille et surtout de sa mère. C’était surtout cela l’idée de départ et le besoin : comprendre. Comprendre pourquoi sa mère a été retrouvée morte (suicidée) à l’âge de 60 ans. Pourquoi plus jeune, l’auteur l’a vue basculer dans la folie et a vécu à ses côtés l’errance mais aussi la bataille pour la vie.

Je ne vais pas tourner autour du pot : j’ai beaucoup aimé Rien ne s’oppose à la nuit (magnifique titre emprunté à une non moins magnifique chanson de Bashung). Je n’avais jamais rien lu de Delphine de Vigan mais au départ, j’ai été happée par la beauté de cette jeune femme blonde en couverture du livre, Lucille (sa mère donc). Quelque chose d’indéfinissable dans le peu que l’on voit de son regard, quelque chose qui a à voir avec l’ombre.

Delphine de Vigan s’est attelée à un travail de titan en racontant l’histoire de sa famille, née avec le couple formé par ses grands-parents, une famille nombreuse et excentrique. Famille au sein de laquelle, l’énergie de vivre est à la hauteur des drames et des secrets qui émaillent son histoire.

Franchement, au début j’ai pensé un peu ennuyée « bon, encore une histoire de secrets de famille avec des drames, mais quelle famille n’en connait pas ? ». Puis j’ai plongé dans le travail d’investigation auquel s’est livré Delphine de Vigan et la façon qu’elle a eue de remonter aux sources de la mythologie familiale. Pour ce faire, elle a eu la chance d’accéder à de nombreuses archives produites et conservées par sa famille : photos, films, enregistrements… Elle a aussi interviewé les survivants et surtout pu s’inclure dans le récit en y apportant ses propres souvenirs. J’ai été très intéressée par la façon dont elle y a intégré son cheminement d’écrivain. Les difficultés, les doutes, les peurs… et surtout l’impossibilité de s’y soustraire quoi que cela lui en coûte.

Delphine de Vigan ne nous fait pas croire que l’écriture guérit de tout, le propos n’est pas là. En revanche, c’est un magnifique portrait de femme(s) qu’elle nous offre. Je ne suis pas sûre qu’elle ait voulu rendre hommage à sa mère absolument mais en revanche ce qui est certain c’est qu’elle a voulu célébrer la vie coûte que coûte. Et ça, les résilients et les autres le comprendront facilement : c’est bouleversant.

Donc en conclusion j’ai envie de vous dire : lisez ! (et écrivez pourquoi pas !).

Rien ne s’oppose à la nuit de Delphine de Vigan, éd. JC Lattès

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28 Commentaires laisser un →
  1. 20/10/2011 10:51

    La couverture, en effet, m’a saisi aussi. Pas encore lu, il est quelque part sur mon oreille entre deux clopes.

    • 20/10/2011 15:23

      Sur ton oreille ?

    • Bertrand permalien
      22/10/2011 19:14

      oui enfin pour dire que je me le gardais au chaud très près pour bientôt quoi :)

  2. 20/10/2011 11:07

    La couverture m’attire, tout comme les nombreux commentaires positifs lus sur le net et je dois avouer que ton article m’a vraiment particulièrement intéressée et m’a, je crois, convaincu de le lire! Merci!

  3. 20/10/2011 11:20

    Très envie de lire ce bouquin. Tout pareil pour la couv : cette femme est sublime.

    • 20/10/2011 15:23

      Oui c’est fou. Et sans dévoiler trop de l’histoire, le magnétisme de Lucille c’était vraiment cela apparemment.

  4. 20/10/2011 13:19

    J’ai lu une bonne critique sur ce livre, et tu en parles un peu autrement. La résilience, guérir son enfant intérieur, des thèmes qui m’intéressent beaucoup, mais je ne vais pas le lire maintenant, peut-être plus tard!

    • 20/10/2011 15:24

      Je comprends ça. Je suis juste en train de lire “D’autres vies que la mienne” qui m’attendait depuis des mois sur une pile de bouquins.

  5. 20/10/2011 15:24

    Une lecture peut-être un trop sérieuse et sombre pour moi, j’aime plutôt m’évader dans les romances et l’Histoire :)

  6. 20/10/2011 15:50

    J’ai envie de le lire, bien que je me méfie des critiques trop élogieuses. Mais bon, elles doivent bien être justifiées certaines fois, quand même ! ;-)

  7. 20/10/2011 17:34

    Sur ma liste, mais après L’envie et Clèves, j’aurais bien lu + léger (sans compter que je suis en train de lire Les revenants)

    • 21/10/2011 12:12

      Oui moi après “D’autres vies que la mienne” je vais peut-être faire un break chick lit.

  8. 20/10/2011 23:22

    Bien aimé aussi, je viens de le terminer, et j’avoue avoir du mal à en parler, tant il y a des choses à dire, mais de l’ordre de l’émotion, du souvenirs….
    Une belle réussite.

    • 21/10/2011 12:13

      Exact. Je ne savais pas trop par quel angle aborder le billet.

  9. 21/10/2011 13:23

    Ahhhh je suis bien d`accord avec toi quand tu dis “Je ne suis pas sûre qu’elle ait voulu rendre hommage à sa mère absolument”!
    Je l`ai fini cette semaine et j`ai ecrit ma chronique, qui sera en ligne la semaine prochaine.
    C`est interessant d`avoir ton avis, merci et bon week-end!

    • 22/10/2011 18:27

      Je vais guetter ta chronique alors, impatiente de voir ce que tu en dis.

  10. 21/10/2011 23:51

    Je partage ton avis, ce livre est un de mes coups de coeur de la rentrée !

    • 22/10/2011 18:39

      Bienvenue Camille. Oui j’ai l’impression que c’est un gros coup de cœur en effet.

  11. 22/10/2011 13:03

    saisie en premier par la couverture, je mesuis lancée dans la lecture de ce roman vendredi dernier et je l’ai dévoré…Je suis impressionnée par ce travail de recherches qui devait être bien lourd pour le moral…si tu veux je te laisse mon billet sur le roman…http://lesquotidiennesdeval.over-blog.com/article-quand-rien-ne-s-oppose-a-la-nuit-86780125.html
    bon week-end !

  12. 24/10/2011 18:53

    Bonsoir Bulle d’Infos ! J’ai déjà entendu parler de ce livre de Delphine de Vigan dans les médias . Visiblement ” Rien ne s’oppose à la nuit ” (allusion à Bashung) est une sorte de thérapie pour cette auteure est j’ai bien envie de m’immiscer et d’oser (Joséphine) en savoir plus sur cette histoire touchante et bouleversante !

    • 25/10/2011 12:06

      Hello. Dans son texte, il y a une autre petite allusion au texte de la chanson de Bashung à un moment que je laisse découvrir au lecteur attentif ;-)

  13. 25/10/2011 17:12

    Je viens justement de me plonger dans la lecture de ce livre aprés No et moi du même auteur que j’ai expédié en 4 petits jours …
    J’aime bcp la sensibilité de cet auteur.

  14. La cousine permalien
    26/10/2011 11:59

    La couverture ne pas attirée, au contraire…mais ton billet me donne envie d’y jeter un cil! Et plus sûrement.

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