Catherine la danseuse
Il y a quelques temps, je vous parlais ici d’un livre consacré à la danse que je possédais enfant. J’ai alors voulu partager ce souvenir avec vous. J’ai cherché, cherché et ne l’ai pas retrouvé. Quand on a la manie de se débarrasser de tout… on se déleste parfois de quelques trésors. Ce dont je me suis aperçue en quelques clics lorsque j’ai réalisé que ce livre datait de 1966 et était signé… Robert Doisneau. Argh la boulette ! Heureusement le dieu des enchères en ligne était avec moi et j’ai pu de nouveau acquérir l’objet dont je m’étais séparé il y a quelques années.
J’ai donc l’honneur de vous présenter Catherine la danseuse.
Le livre se présente comme un reportage photos où l’on suit une petite fille qui découvre le métier de danseuse classique dans les pas de Catherine. Les photos sont accompagnées de textes à visée pédagogique. Ils sont signés Michèle Manceaux, journaliste dont j’ai souvent lu les articles dans Marie Claire. L’ensemble dégage un petit air désuet tant il est marqué par son époque.
Lorsque j’ai reçu le livre il y a quelques jours, je l’ai évidemment relu et j’ai eu la surprise de m’apercevoir que je n’en avais rien oublié des photos et de certaines phrases qui m’avaient marquée petite.
Petite revue de détails (en direct de la table de ma cuisine).
Dans la rue, la démarche gracieuse de Catherine se remarque. Elle a la tête haute, le dos bien droit, les pieds légèrement tournés vers l’extérieur et le sourire aux lèvres. (…) Catherine, habituée à ne pas se laisser aller, garde une attitude fière, presque noble.
Enfant, je pensais que la danseuse possédait une aura particulière et qu’à coup sûr, si j’en avais croisé une dans la rue, je l’aurais repérée tellement elle aurait eu l’air exceptionnel.
Une danseuse-soliste use une paire de chaussons par spectacle et, pour s’entraîner, deux paires par semaine. La paire de chaussons coute cher !
Je me souviens avoir été vraiment impressionnée par cette photo ! On voit d’ailleurs Catherine sur un autre cliché essayer des chaussons chez Repetto.
Avant le spectacle, Catherine maquille avec soin son visage (…). Plus la salle est grande, plus la danseuse doit accentuer le contour de ses yeux.
Je pense encore à cette phrase chaque fois que je m’applique de l’eye-liner (mais rassurez-vous je ne monte pas sur scène ensuite).
Perfection des mouvements et quintessence de la danseuse. Un rêve de princesse pour les petites filles…
J’adorais cet aspect presque négligé que donnent les tenues de répétition en contraste avec les postures rigides des positions imposées. Et ne porter qu’une seule guêtre ainsi.. waow c’était si cool !
Je m’arrête là car cela n’a pas trop de sens de dévoiler un livre ainsi sauf celui de lui rendre hommage. Je ne suis pas devenue danseuse mais il est fort possible que ce livre ait contribué à faire émerger ma passion pour la danse.
Une dernière chose : cet ouvrage fait partie d’une série intitulée « Les femmes travaillent ». Je l’ai déjà dit, il date de 1966 et il est amusant de constater que le métier qui a été choisi n’est pas vraiment courant – tout le monde ne devient pas danseuse professionnelle – mais il semble tout à fait correspondre à l’image que l’on se fait de « la femme qui travaille » à l’époque. On notera au passage que Michèle Manceaux, qui elle aussi travaille, n’est pas créditée sur la couverture.
Sachez enfin qu’il existe un autre ouvrage, pendant masculin de celui-ci, qui s’intitule… Marius le forestier. Forestier, une activité bien virile non ?








Moi je me souviens très bien des choses qui m’attiraient et me fascinaient aussi dans la danse : oui, l’usure des chaussons, la mise en scène du corps avant les spectacles, le feuilleton en noir et blanc dont j’ai oublié le nom qui se passait chez les petits rats de Paris… tout ce qui m’a décidée à en faire un peu.
Mais là où c’est drôle, c’est que je n’ai aucun souvenir d’avoir eu les mêmes types de référents pour la musique ! Ironie du sort…
J’oublie l’essentiel : ton bouquin n’est pas tout à fait n’importe quel bouquin, quand même, ne serait-ce que la photo. Le texte de la femme qui ne travaille pas est sûrement un peu haut de gamme aussi, non ?
Rassure-toi : comme je le disais je ne suis pas devenue danseuse et mon métier n’a rien à voir avec aucun des “référents” que je pouvais avoir plus jeune (le dessin, la danse…).
Concernant le texte oui tu as raison, cela fait très BCBG !
j’adore le teste, un peu désuet… c’est trop mignon….et tellement passé!
Très révélateur d’une époque révolue je pense.
Ça le donne vraiment envie d’aller directement moi aussi acquérir ce si joli ouvrage. Marius le forestier m’attire spontanément beaucoup moins pour tout dire, dès que je peux je me mets en quête de Catherine !
Je serais quand même curieuse d’en savoir plus sur ce Marius ;-)
C’est magique de pouvoir retrouver sur le net des ouvrages comme ça! Très belles photos…
Ah oui pour ça c’est génial internet ! Si j’avais dû le chercher “physiquement”, je pense que ça aurait été plus compliqué.
Merci de partager avec nous le secret de confection (confession ?) de l’imaginaire des enfants. Ces images qui ressurgissent intactes après des années, la berceuse inoubliable d’un texte… et la naissance presque impromptue d’une passion, pourquoi pas d’un métier. “Je m’arrête là car cela n’a pas trop de sens de dévoiler un livre ainsi”, eh bien si, au contraire !
“Je me souviens avoir été vraiment impressionnée par cette photo”, ou “Je pense encore à cette phrase chaque fois que je m’applique de l’eye-liner” sont de très touchants aveux. C’est une jolie part de chacun de nous, de nos premières sensations, émotions fondatrices vers lesquelles nous nous tournons toujours pour nous rassurer sur qui nous sommes et ce que nous aimons, ce qui nous constitue et nous apaise. A mon tour d’arrêter là, il y aurait tant à dire sur ces épiphanies d’enfance ! Donc merci beaucoup, vraiment.
Merci pour ton commentaire :)
J’avoue que j’ai été moi-même surprise de me souvenir d’autant de choses. Je suis contente d’être allée rechercher ce livre.
On en avait déjà parlé à propos de “que garder que jeter” mais là racheter un livre qu’on a donné/jeté/égaré tu fais fort !
Vive Ebay !
Je vois tout à fait la catégorie de ce livre : “pépite de l’enfance qui construit”.
Je cherche toujours l’imagier que j’avais petite (avec un arlequin dessus si ça parle à qqun ici -on ne sait jamais n’est-ce pas ?)
Ces danseuses sont magnifiques, ça donne envie de les dessiner…
Oui pour le garder / jeter j’assure ! Je ne suis même pas sûre que ça me servira de leçon ;-)
Quelqu’un a vu un imagier avec un arlequin sinon ?
Merci de nous avoir fait partager ce morceau de ton enfance. J’ai beaucoup aimé.
Et oui, c’est effectivement magique d’avoir retrouvé ce livre.
Quand on te lit, on sent les étoiles qui brillent dans tes yeux.
C’est marrant parce que ce livre (l’original) j’ai dû le prendre un peu par hasard chez ma grand-mère et lorsque je l’ai feuilleté la première fois, il était déjà un peu “daté”.
HAHAAH Marius le forestier ^^
Effectivement l’image des femmes qui travaillent a bien évolué (et tant mieux… combien de femmes travailleraient si nos seuls débouchés étaient la danse classique ?). Je me souviens du livre de recettes de ma grand-mère (reçu à la mairie le jour de son mariage) qui donnait aussi des leçons de savoir-vivre, de tenue du ménage, de couture…
Déjà tu imagines la mairie qui offre un livre de recettes et de savoir-vivre aux nouvelles mariées… au secours !
Perso, j’adore la mention “Les femmes travaillent” mise entre guillemets justement. En 1966, on pensait donc qu’une femme qui travaillait était très “” “”. Entre guillemets, quoi… Très révélatrice de l’époque, ta trouvaille !
Sinon, je me matte en boucle les Aristochats avec les affreux en ce moment. J’étais moi-même surprise à quel point je n’avais rien oublié des dialogues et des chansons. Au grand désespoir de mes fils d’ailleurs qui n’arrivent pas à suivre le film sans que leur maman ne chante, ou ne parle en simultané. Ça me fait penser que ma madeleine à moi, c’était la cassette audio de l’histoire des Aristochats racontée par Louis de Funès himself ! Bazardée et jamais retrouvée. Donc si trace sur un quelconque site d’enchères en ligne, faudra m’appeler.
Alors moi je connaissais “Pierre et le loup” par Gérard Philipe (une version qui foutait bien les boules je peux te dire) mais pas les Artistochats par de Funès, c’est fort ça !
Je pense que tu es mûre pour un petit tour chez Mickey…
Les commentaires de ce livres sont délicieusement rétros.
Tu crois qu’une danseuse et un bucheron formeraient un beau couple?
C’est un livre “vintage” ça te plairait ;-)
La danseuse et le bucheron ça pourrait faire une jolie histoire…