L’instant suédois
C’était à prévoir : après mon addiction à la trilogie Millénium, je n’ai pas résisté à la couverture fortement ressemblante, probablement voulue par l’éditeur, de La Princesse des glaces de Camilla Läckberg. En quelque sorte on dirait que je suis dans un instant livresque suédois. Évidemment l’envie était de retrouver la sensation addictive qui m’avait saisie à la lecture de la trilogie de Stieg Larsson.
Il est rare qu’une rencontre littéraire se reproduise à l’identique surtout lorsque l’on tire sur les mêmes ficelles. Malgré tout j’ai apprécié cette mise en bouche de l’œuvre de la reine du polar suédois.
Un crime odieux dans une petite ville balnéaire, des personnalités marquées, une jeune enquêtrice audacieuse… certes la trame n’a rien d’exceptionnel pour le genre mais elle se laisse lire avec plaisir. On retrouve comme chez Stieg Larsson une description de la société suédoise loin des clichés ikéa-esques et abba-esques. Ici c’est plutôt austérité, honte et perversité latente.
J’ai lu ce roman au moment où le magazine Elle publiait une interview de Camilla Läckberg. La Princesse des glaces est son 8e roman et cette mère de famille tranquille est une star depuis longtemps dans son pays. A en croire l’interview, toutes les intrigues tordues dont elle est l’auteur sortent facilement de sa très fertile imagination.
Je me suis alors demandée ce qu’il me faudrait pour que j’écrive un tel polar. Du temps certes mais aussi de l’inventivité à revendre. De la rigueur également. L’espace d’un instant je m’en suis crue capable car c’est ce qui arrive quand on nous fait croire – comme dans cet article – que le succès est facile et ne tient à quasi rien. Après je me suis demandée si j’arriverais à vivre avec des scènes sanglantes à l’esprit en permanence et surtout où j’irais les chercher.
A l’heure qu’il est, je n’ai pas répondu à ces questions et mon roman reste à l’état de fantasme. A suivre…








Tu es loin d’être la seule. Perso, mon ambition se situerait plutôt dans un grand roman d’amour ou d’aventures, ou simplement dans la chick lit…j’ai écrit des tas d’ébauches, j’ai toujours arrêté avant la fin…je n’arrive pas à franchir le cap. Peur, paresse, dilettantisme ? Un peu de tout ça…en tout cas, les romans policiers style “milenium”, ça je ne saurais pas faire. En plus, je trouve ça quand même glauque….il faut dire que j’ai un côté “Bisounours” de plus en plus développé….et de plus en plus de mal à tolérer les descriptions trop réalistes et la violence trop brutale. En gros, “mad men”, ça me perturbe. Est-ce parce que l’ultra violence est trop présente dans notre société ? Parce que les coups de vice, la méchanceté, les mesquineries et l’hypocrisie, je les vois un peu trop au quotidien ? Je ne sais pas mais c’est mon état d’esprit en tout cas !
Moi j’ai un seuil de tolérance plus élevé pour les romans noirs que les films un peu durs, je ne sais pas pourquoi non plus.
Pour ce qui est d’écrire et d’abandonner, je crois qu’il faut aussi admettre qu’à un moment cela représente du boulot et de l’investissement et que cela demande une certaine disponibilité. Si le sujet t’intéresse, je t’invite à visiter le blog Roman à lire que tu peux trouver en lien dans ma blogroll ci-contre.
Ah ben moi aussi je les ai lus ses bouquins!
j’ai bien aimé, les intrigues sont bien ficelés (ce qui à mon sens est le plus dur dans le polar) mais les dialogues et les caractères sont parfois un peu caricaturaux.
Cela dit j’aime bien les histoires connexes, genre le commissaire abruti et son fils, le gars qui veut toujours montrer que c’est lui le meilleur mais qui foire tout, la fille qui n’en peut plus de sa grossesse etc…
J’ai commencé par écrire un comm’ disant “ouais aussi vite lu, aussi vite oublié” mais en fait c’est pas vrai du tout, les histoires sont riches et je m’en souviens très bien.
Cela dit, j’ai bien peur que si Millenium n’avait pas eu ce succès, Camilla Lackberg n’aurait pas traversé les frontières, et ça aurait été bien dommage parce que du bon polar vu par une femme ça fait partie des livres que je préfère lire.
Tu as lu les autres bouquins de Camilla Läckberg aussi ? C’est vrai que l’intrigue est forte et que parfois les caractères et les dialogues sont un peu légers. En même temps je me demande si ce n’est pas ce qui fait son charme, ça permet de décompresser des moments + sombres.
Tant mieux si Millénium a permis a d’autres auteurs d’être traduits non ?
J’aime bien le concept de la Suède “ikéa-esque”: le mot est bien trouvé, et le concept aussi.
Ma grande amie d’enfance est devenue scénariste pour des séries télé: franchement, la connaissnt depuis toujours, c’était vraiment son destin. Petites, nous avions une imagination débordante toutes les deux, et nous passions des heures à inventer des histoires (genre moi je raconte le début, puis c’est à son tour, puis encore à moi etc): elle avait le don pour rendre nos histoires sanglantes, avec ce qu’il faut de morts atroces, amours impossibles, rebondissements en tous genres… elle en rajoutait indéfiniment, et elle se souvenait de chaque détail (ce qui est très utile pour les coups de théatre). C’est fou ce que l’imagintion d’un certain type peut envahir l’esprit.
La question est de savoir si tous les auteurs ont cette imagination débordante ou si pour certains cela demande plus de travail que pour d’autres. Je parierai qu’il n’y a pas deux profils identiques…
Moi qui aime beaucoup les polars, je ne connaissais pas…merci!
Pour ce qui est de l’ecriture, je pense qu’on a tous envie a un moment de s’essayer a raconter une histoire, mais effectivement, passer a l’action et rencontrer le succes est une autre paire de manches… Avec le succes de J. K Rowling, par exemple, je suis sure que beaucoup ont eu envie de se lancer! Comme toi, l’idee reste du domaine du fantasme…
Oui je crois que les success stories donnent des idées à beaucoup. Surtout que, comme je le disais, les médias et “la légende urbaine” relayent à loisir le côté “conte de fées” du genre “JK Rowling était au fond du trou et là le miracle s’est produit…”. J’en avais déjà parlé dans d’autres billets mais je lutte un peu contre cette tendance qui vise à faire croire que tout arrive facilement sans trop de boulot.
Il est probable que je lirais ce roman avant que mes yeux ne se soient posés sur Milenium…
Oui je pense que les deux sont parfaitement dissociables.
Et peut-être de passer dans les écoles d’écriture suédoise. D’après ce que j’ai lu je ne sais plus du tout où, il y a chez eux des écoles de polars.
Il faudrait que je retrouve l’itw dans Elle mais effectivement Camilla Läckberg y parlait du fait qu’elle avait suivi des ateliers d’écriture. Je ne sais pas si cela concernait spécifiquement le polar ou si c’était plus général.
Moi c’est sûr je ne pourrais pas! Et je ne suis pas attirée a priori par ce genre de roman… bon, il faudrait que je tente quand-même!
En même temps ça se lit facilement ;-)
Merci Bulles ! Je note ton conseil pour après mon actuel instant finnois (Arto Paasilinna Petits suicides entre amis). ça me fera un peu voyager ;-)
Je crois bien que ça me plairait de lire tes œuvres sur du papier.
Ah et c’est comment l’instant finnois ?
Pour mes “œuvres” sur papier, comme je le disais, il me faudrait plus de rigueur je crois.
Je crois que pour écrire un bon polar, outre évidemment l’imagination, il faut faire preuve d’une grande rigueur. J’ai lu l’interview dans Elle, il me semble qu’elle faisait référence à des ateliers d’écriture de polars. Je suis presque sûre car, sur le moment, je me suis dit que c’était trop cool!
Bon je viens de vérifier, ce sont effectivement des cours d’écriture de polar qu’elle a pris. Là d’un coup ça me donne envie !
Il me donne envie, maintenant que j’ai fini la trilogie Millenium !
En ce qui concerne l’écriture, je pense que lorsque l’on sait exactement où on veut mener nos personnages, et par quels méandres ils passeront, il est ensuite plus facile d’imaginer les scènes, qu’elles soient violentes ou non. Et si tu commences à écrire un polar, c’est sans doute que tu as en toi les ressources pour écrire ce genre de scène.
Je suis d’accord, je le vois comme est un vrai boulot rigoureux genre plan et typologie des personnages. Le côté “je laisse simplement mon imagination vagabonder”, j’y crois moyennement. Sans parler des recherches pour être un minimum crédible dans les scènes de crime et les enquêtes.
Evidemment que l’écriture est un vrai boulot ! De plus, il y a un vrai travail de recherches autour de l’écriture. Si je ne réussis pas à finir un roman, c’est peut-être pour ça…car je suis le contraire de quelqu’un de rigoureux…
Moi je viens à peine de finir mon livre que je me trainais depuis 2 ans. Je n’en reviens pas moi-même ! Chuis à présent prête pour enquiller les 8 livres de la mère de famille suédoise !
Faut fêter ça : mojito !
L’instant finnois c’est pas mal du tout. L’histoire de suicidaires qui décident de profiter de la vie avant de sauter le pas ensemble. Ces dernières pages, ça se traine un peu mais j’espère que ça va repartir. Du même auteur, il parait que Le lièvre de vatanen est mieux. (on me l’avait évidemment pas dit avant que je commence petits suicides entre amis !)
Pour revenir à ton article, je travaille avec une suédoise qui m’a recommandé un auteur de polar publié également chez Actes sud et qui selon elle est de qualité égale à Larsson -le un peu trop gore en moins.
Il s’agit de Henning Mankell et sa série des kurt Wallander. Peut-être le connais-tu déjà ?
En tous cas, une nouvelle piste de lecture.
Ah dis donc le résumé de l’instant finnois ça calme quand même !
Je retiens plutôt ta suggestion suédois que je ne connais pas du tout, je vais aller voir ça de plus près merci !
Henning Mankell, c’est bien. Je les ai presque tous lus.
Ça y est il est dans ma liste !