Les affameurs
Aujourd’hui chers amis lecteurs (et les autres aussi), il est temps d’éveiller votre conscience au monde. Oui rien que ça ! J’ai lu récemment Les affameurs, voyage au cœur de la planète de la faim de Doan Bui et une petite bafouille ici s’imposait.
Comme vous vous en doutez, avec ce titre, je ne vais pas vous parler fanfreluches et autres futilités !
Doan Bui est journaliste au Nouvel Observateur et pendant plus de deux ans, elle a parcouru le monde entier pour réaliser une enquête d’envergure sur les conséquences de la mondialisation alimentaire.
Point de départ : les émeutes de la faim de 2008. De Londres au Sénégal en passant par la Chine et la Roumanie, vous apprendrez en le lisant pourquoi les steaks polluent plus que les voitures et comment nos chips sont en train de tuer les orangs-outans.
Tiens, cela vous rappelle certainement une programmation récente de Capital sur M6. Hasard du calendrier et opportunisme, je pense que les médias vont tous se mettre à surfer sur la vague de la globalisation.
Quoiqu’il en soit, le livre de Doan Bui est un livre de journalisme engagé. Dans un style accessible et enlevé, elle y dénonce la spéculation sur les matières premières.
Un exemple ? Au Sénégal, les femmes de pêcheurs payent notre politique de quotas et donc de sur-pêche. Le poisson se fait de plus en plus rare là-bas et les pêcheurs sont acculés à la ruine. Obligés d’immigrer vers l’Europe, ils laissent leurs familles sur place. Pour survivre, les femmes de ces pêcheurs en sont réduites à acheter des restes de poissons pour les revendre. Les beaux morceaux ont bien sûr été transformés et congelés sur place avant de rejoindre nos étals de supermarché. En lisant ce livre, vous y regarderez sans doute à deux fois avant d’acheter votre sole au rayon surgelé !
Certes changer nos habitudes de consommation est loin d’être évident et il peut paraître injuste de nous demander à nous de nous raisonner afin de tenter de rétablir un peu d’équilibre entre les pays du Nord et ceux du Sud. Mais enfin, en parlant d’injustice, vous savez aussi bien que moi que chez nous ça dégueule littéralement de « bouffe » ce qui est loin d’être le cas ailleurs.
Alors si nous ne le faisons pas, qui en aura l’initiative ? Pas les États, ni les banquiers, j’en ai bien peur après avoir lu ce livre. On peut toujours espérer que de nouvelles lois voient le jour et qu’elles soient appliquées mais en attendant, un petit effort comme manger des fruits et légumes de saison ou regarder la provenance de ce que l’on achète ne fera pas de mal.
Doan Bui Les affameurs – Voyage au cœur de la planète de la faim. Ed. Privé 17,90 euros environ







Je l’ai écouté à la radio. J’aime ces livres de journalistes qui dénoncent les bassesses de notre monde!!!!
C’est vrai que tout cela n’est pas très reluisant pour notre monde…
Oui contribuer c’est bien, s’unir pour agir c’est mieux (un peu de lobbying à ce sujet ne ferait pas de mal aux femmes de pêcheurs sénégalais, non ?). Ça pourrait bien faire partie du programme d’un éventuel mouvement citoyen si jamais un jour certains auraient l’idée d’en créer un. Bah, je dis ça, je dis rien…
Ah je l’attendais celle-là. Tu m’auras à l’usure ;-) Ceci dit tu as raison, la sensibilisation et la prise de conscience sont des points primordiaux.
Oui.. alors qu’est ce qu’on peut faire à part acheter des légumes de saison et des produits simples à cuisiner soi même… Est ce qu’ils donnent plus de pistes??
Si vraiment on veut être très vigilant sur ce que l’on mange, cela peut vite devenir très prenant donc pas besoin d’explorer des dizaines d’autres pistes. Mais je trouve que faire des leçons de morale n’est pas très utile car les consommateurs font aussi comme ils peuvent en fonction de leurs moyens et de leur temps (et trop souvent encore “bien manger” revient cher). Tout le monde n’a pas, en outre, la chance d’avoir un potager à domicile.
A titre personnel, j’essaye d’être vigilante sur la provenance des aliments. Même sur ceux étiquetés bio, on a parfois des surprises. Mieux vaut privilégier les productions locales ou du moins celles qui font le moins de kilomètres. On peut aussi essayer de se rapprocher d’une Amap (http://www.reseau-amap.org/).
Après ce n’est pas parce que nous arrêterons de manger du poisson sénégalais, que les Sénégalais s’en porteront mieux hélas. Notamment parce que nous allons aussi être confrontés à la consommation croissante des pays émergents pour lesquels il faut produire en masse.
Dans de nombreux pays, il n’existe plus de production locale à proprement parler car tout est importé comme dans certaines régions d’Afrique où l’on a remplacé la culture du mil par du riz venu d’Asie. Mais là cela nous dépasse hélas, car tout cela est le fruit de sombres spéculations où les intérêts des populations locales ne sont pas pris en compte.
Dans un monde idéal, il faudrait faire en sorte que les pays défavorisés puissent développer une agriculture qui leur permettent de subvenir à leurs besoins : nourrir leurs familles mais aussi se positionner en tant qu’acteurs sur les marchés internationaux.
Tu m’étonnes, que ça devient compliqué pour le consommateur, que de manger équitable, sain, savoureux, à des prix raisonnables. Et le green-washing n’arrange rien… Un exemple : moi qui était très fière d’acheter des filets de poisson surgelés non transformés, nature quoi d’une grande enseigne- donc pas de lipides cachés, d’acides trans, de conservateurs etc… – je retourne l’emballage en carton avant de le jeter dans sa poubelle dédiée et je lis quoi ???
“Pêchés en Atlantique, emballé en Chine”
Bonjour l’empreinte carbone haha.
Oui il y a de vraies aberrations.
Et pendant nous cherchons à manger équitable, sain et savoureux, d’autres cherchent simplement à survivre.
Je m’intéresse à ces questions mais je ne suis pas spécialiste du tout. Par conséquent, je suis heureuse de lire ton billet. J’apprends grâce à toi. T’es trop forte ! Merci.
Tant mieux, j’ai beaucoup appris en lisant ce livre, je ne suis pas experte non plus ;-)
C’est vrai, très vrai, ce que tu dis. Mais le problème, c’est l’information que nous pouvons obtenir sur les produits qu’on achète, et les étiquettes.
Un exemple (qui n’a pas grand chose à voir avec le problème que tu exposes, d’ailleurs)? Des crevettes pêchées en mer du nord, envoyées au maroc pour être décortiquées, et ramenées en France pour être vendues.
Et toi, tu n’as aucun moyen de savoir tout ça, tu te dis juste “ouah, péché en mer du nord”, c’est bien comme produit!” Oui, mais non….
Tant que nous ne pourrons pas acheter tous nos produits en connaissance de cause, acheter de la bonne façon restera très compliqué.
Effectivement je crois qu’il y a un problème d’information aux consommateurs et un flou artistiquement entretenu sur ces points là.
C’est ce que soulignait Bonnie avec son poisson emballé en Chine.
Oui bien sûr – je relis mon commentaire, écrit à la va-vite sur mon lieu de travail et je me rends compte de la petitesse de ma réflexion, hum.
Bah non c’est légitime de vouloir se nourrir correctement, tout le monde devrait y avoir accès c’est ce que j’avais en tête. Mais bon on n’est pas chez les Bisounours je sais…
En plus je te rejoins, difficile de savoir au final ce qu’on a dans nos assiettes réellement.
Non non, ce n’est pas l’anniversaire de mon blog…
Ouhla oui n’importe quoi moi !!! Je viens d’aller relire ton post. Il faut que j’arrête de lire les blogs le matin, ça me réussit pas…
on m’a raconté que des pommes produites en angleterre et vendues la bas étaient entre temps envoyé en Afrique du Sud pour les “frotter” pour qu’elles brillent plus. j’avais trouvé ça complètement hallucinant ! Quand je pense que je culpabilise quand je jette un plastique dans la poubelle normale, j’ai comme l’impression que le système de valeur n’est pas le même pour tout le monde…
Info à vérifier mais on n’est plus à une débilité près…
Pouvons-nous changer le monde avec un sac plastique ?
Les crevettes grises pêchées en Mer du Nord sont envoyées au Maghreb pour être décortiquées, puis reviennent dans nos tomates …
Encore bien : ‘H&M va tous nous sauver avec son coton bio …
Bienvenue labm !
Pourquoi les crevettes reviennent-elles dans nos tomates ?
Pour sûr, la mode sauvera le monde ;-)
Ah, toi tu as vu la même émission que moi ! :D
Pour ça :
http://plat-du-jour.net/images/tomate-crevette.jpg
Oui, ça se mange : on peut dire que c’est une spécialité du coin ;)
Merci pour cette découverte culinaire ;-)
@ Bonnie : Moi j’ai bien aimé ton commentaire je voulais justement te dire hier que tes commentaires, ils font trop des posts! “bonjour l’empreinte carbone” aha !!
J’avoue, à part vérifier que les oeufs que j’achète sont pondus par des poules en liberté, j’ai encore du mal et pas assez de patience pour vérifier la provenance de ce que je mange.
Cela dit, c’est de plus en plus écrit, surtout pour les fruits et légumes et j’ai halluciné de voir que 1kg d’orange qui venaient du Maroc coûtait 3 fois moins cher que celles qui viennent de l’espagne.
ça coûte rien le transport ?
C’est comme le coup des pommes envoyées à perpète pour les faire briller, je peux pas croire qu’ils ne perdent pas une marge de malade.
Comprends pas…
Alors… dans le livre c’est bien mieux expliqué que ce que je pourrais le faire d’autant plus que je ne suis pas une spécialiste des investissements boursiers. Mais effectivement par le jeu de la spéculation sur les produits alimentaires, certaines denrées se retrouvent à coûter trois fois rien à l’importation. Surtout quand elles voyagent sur des embarcations pourries battant pavillon de paradis fiscaux.
Ensuite il y a toutes les histoires de subventions et de quotas, et ça aussi cela favorise ce genre d’échanges.