La France qui se tait
Je réagis un peu tardivement aux résultats des élections de dimanche dernier. Et surtout à ce chiffre de l’abstention dont on a déjà beaucoup parlé.
J’ai déjà exprimé, chez Madame Kévin, que je trouvais cela difficilement excusable (surtout lorsqu’il s’agit de flemme, d’oubli ou de négligence) mais quelque chose m’interpelle tout de même. Cette désaffection des électeurs reflète un manque de confiance criant de nos concitoyens en l’appareil politique et certains de nos représentants mais aussi sans doute un sentiment d’impuissance. Et effectivement, on peut alors choisir de ne pas s’exprimer dans les urnes et considérer que ce choix constitue un mode d’expression. C’est à débattre.
Mais autre chose me chiffonnait dans cette histoire depuis quelques jours. Et j’ai enfin mis le doigt dessus. Pourquoi ça m’embête autant ? Car pour moi ne pas voter est l’équivalent de la fermer, de s’écraser ou de ne pas moufter si vous préférez. Et ça ne je supporte pas (NDLR : ceci n’engage que moi, je le rappelle au comité de surveillance de ce blog, coucou les copains !). C’est-à-dire que je préfère toujours l’ouvrir, à bon escient si possible, que de m’écraser devant les : « c’est comme ça on ne peut rien faire » ou encore « laisse tomber, ça ne changera rien ». Mais l’affirmation que je déteste par-dessus tout est : « de toute façon, on n’a pas le choix ! ».
Pas d’accord ! Ma vie, je la construis au quotidien à la mesure des choix que je fais. Or je pense qu’on a au moins toujours le choix de faire valoir une opinion ou un désaccord lorsque le besoin s’en ressent – du moins en France on a encore cette possibilité et cette chance. Je ne me considère pas particulièrement comme « grande gueule » mais je déteste la fatalité. J’ai du mal avec les comportements de moutons qui consistent à ne jamais rien remettre en cause. Et je ne vous parle même pas des autruches qui font semblant de ne rien voir la tête dans le sable.
Remarquez je comprends, c’est assez confortable : quand on ne bronche pas, on ne s’expose pas trop aux emmerdes. Enfin ceci dit, gare au retour de bâtons car je pense qu’on ne peut pas passer sa vie à se cacher de tout.
Certes le parallèle entre une abstention massive et une non-envie de la fermer peut sembler un peu simpliste. D’autant que certains pourraient me rétorquer qu’aller voter c’est aussi se comporter en mouton. Sans doute dans le lot des abstentionnistes, y a-t-il de grandes gueules-pas-du-genre-à-s’écraser. Mais vous ne m’empêcherez pas de penser que quand on a une voix, on s’en sert !
Une prochaine fois, je vous parlerai de la France propre sur elle qui dénonce et de ce que cela m’évoque – et si ça se trouve, je donnerais des noms mouahahah ! – mais là je vous laisse un peu vous détendre, il ne faudrait pas que ce blog devienne trop sérieux non plus.
Et en voilà un qui exprime ma pensée à la perfection !







Ouuuuuuh toi tu vas avoir des problèmes ! ;-)
Non sans déconner, si voter ne signifie pas grand chose, ne pas voter signifie encore moins.
S’abstenir pourquoi pas, mais pour bien faire il faudrait que cela remette en question les résultats de l’élection quand l’abstention dépasse les 40%. Ça finirait peut-être par faire chier les français de devoir repasser par les urnes tous les week-ends. Moi je suis pour la démocratie participative sur le net, pour un mouvement qui reunirait plus de 5 millions d’électeurs, qui aurait un programme clair et concis et qui missionnerait réellement les élus. Un mouvement du type http://www.moveon.org pour ne pas le citer, sans lequel, parait-il, Obama aurait eu du mal à se faire élire.
A quand une prise de pouvoir citoyenne ?
Votez pour la mère Minos !
Sans rire “si voter ne signifie pas grand chose, ne pas voter signifie encore moins” bien résumé.
Ah j’allais oublier :
Rhaaaaa Kent, trop bien !
“Mais il y a surtout un paquet de béni-oui-oui
Et quand ça chie, on n’est pas beaucoup dans le maquis” je me régale…
Je suis allé voter dimanche dernier la mort dans l’âme. Dans “mon” camp, le parti dominant me désespère, et on ne peut pas franchement dire que les autres étaient enthousiasmant…
Au moins dans le camp d’en face, il y a du choix.
Des fois ne pas voter, c’est aussi ne pas avoir de choix qui corresponde.
****
@Mère Minos
la démocratie participative sur le web, l’idée sur le papier parait interessante et bonne, mais attention aux risques de surréaction suite un évènement, et pour ce que j’en vois, cela se traduit actuellement, juste par un lobby de plus, et sur la durée, aucun lobby n’est totalement bon.
Ah bon tu ne trouves pas cela follement enthousiasmant ? Comprends pas… ;-)
Le “c’est comme ça on ne peut rien faire” exprimé par tant de monde à la fois, c’est inquiétant, non?
A propos de mouton-attitude, tu as vu l’émission sur France 2 hier soir? (première fois que je regarde la télé en 2010). C’était assez inquiétant…
Oui moi cela m’inquiète mais c’est peut-être mon côté inquiet ;-)
Non je n’ai pas regardé cette émission mais on en parle beaucoup en effet. En fait je n’ai pas eu la curiosité de le faire car c’est le genre de trucs qui peut vite m’énerver.
Je comprends très bien ton point de vue, mais ça va faire deux fois que je suis juste in-ca-pa-ble d’aller voter.
Voter au 1er tour est possible, et du coup incontournable, selon moi, car il y a à boire et à manger. Mais devoir choisir au deuxième tour entre deux systèmes usés, en bout de course, teintés avant tout d’immobilisme et d’ambitions personnelles, je ne m’en sens juste PLUS capable.
Et je crois que contrairement à toi, ne pas voter peut certes paraitre un peu lâche, mais envoie ce message fort et terrible :
nous ne sommes plus dupes. nous n’adhérons plus.
Bon d’accord, reste plus qu’à me présenter alors…
Oui allez présente toi !
Je rejoins la mère Minos sur ce point : pour que l’abstention soit significative il faudrait vraiment qu’elle soit prise en compte parce que là, les leçons ne sont pas tirées je trouve (comme à chaque fois).
Après je trouve que la question qui en découle est la celle du vote blanc. Serait-il opportun qu’il soit comptabilisé ? Je trouve que cela mérite aussi réflexion.
Ah oui, les votes blancs sont comptabilisés partout ailleurs, il n’y a qu’en France qu’ils ne comprennent pas que voter blanc… c’est VOTER !
Bouba président !
“Aller voter serait se comporter comme un mouton” ???
Non mais y’a personne qui pense ça j’espère !
Le droit de vote, c’est quand même LE moyen d’expression de tous (presque) dans une démocratie. C’est quand même chouette de se dire que l’on participe ainsi au fonctionnement de notre pays en déléguant nos “pouvoirs” à nos représentants.
Je ne dis pas que j’ai toujours voté. Des élections, j’en ai loupées étant plus jeune, parce que je n’avais pas conscience comme maintenant de faire partie d’un pays, d’être un maillon de ce pays.
Avec quelques années de plus et une certaine expérience de la vie quotidienne, on prend conscience de certaines choses qui nous passaient au-dessus de la tête avant, et on se dit que quand même, on a de la chance de vivre en France, de vivre du bon côté de la planète, qu’on est libre de s’exprimer, dans les divers médias (on n’est pas censuré sur internet nous) et par le biais des urnes.
On oublie un peu vite que les femmes n’ont pas le droit de vote depuis si longtemps (ça fait un peu féministe de base, hein ?).
Bref, merci d’avoir traité ce sujet très très intéressant.
Elle a des bonnes idées la mère Minos.
Je me fais l’avocat du diable parfois.
Merci pour ton avis, comme toujours plein de bon sens.
En ce qui concerne mon traitement de la question, je sais qu’il est forcément subjectif voire sans doute un peu “light” mais c’est du ressenti.
JE suis totalement d’accord avec toi avec le fait de ne pas oublier qu’on vit quand même du bon côté de la planète et qu’une fois encore, je radote, ça ne fait pas si longtemps que les femmes ont le droit de vote ici.
Je suis d’accord avec Céline, je ne peux pas comprendre l’argument “aller voter c’est aussi se comporter comme un mouton”. C’est pousser la mauvaise foi jusqu’à l’absurde et je connais des tas de gens capables de sortir des énormités pareilles…
J’en ai tellement débattu de cette question de façon toujours stérile que maintenant je suis à sec.
Donc je n’ai plus qu’à dire : D’accord avec toi Bulles!
Oui merci moi aussi je suis d’accord avec moi !
J’aime bien voter moi parce que dans la vie je ne suis pas une super grande gueule. Je ne sais pas vraiment râler, m’énerver me rebeller ou alors si très bien mais dans le secret de ma famille ou de ma tête. Je serais même du genre autruche et fuite des conflits tu vois le genre ?
Alors voter, mettre un petit papier dans une enveloppe puis dans une grande boite puis dans le flot de pleins d’autres enveloppes pour moi c’est très libérateur. Je m’exprime. Si on m’écoute c’est bien et puis si on m’écoute pas, tant pis. Dans ma tête, on m’écoute pas plus :-)
Décidément j’adore ton avatar ;-)
Le vote comme acte libérateur, je prends. J’ose espérer qu’on peut encore donner une opinion sans forcément être une râleuse, tout n’est pas perdu donc.
Vous êtes nombreux dans ta tête sinon ?
J’ai un peu peur qu’une bonne partie de l’abstentionnisme soit due à l’ignorance. Dans son travail, ma mère croise souvent des gens qui ne connaissent même pas la différence entre la droite et la gauche, les différents partis politiques, et que le parti du gouvernement est l’UMP. Ils n’ont pas été éduqués, leur famille ne l’a pas fait, ou ils s’en fichent, ne se sentent pas concernés, ne savent même pas qu’elles sont les élections du moment…il y a du travail à faire avant que tout le monde se sente concerné.
Oui tu as raison aussi, c’est une donnée à ne pas négliger. Mais pourquoi les politiques ne s’attèlent-ils pas à mobiliser l’électorat dans son ensemble – et non par tranches sociales en fonction de l’intérêt que cela peut représenter ?
Ah ben c’est gentil ça ! Mon avatar te dit merci :-)
Pour la râleuse, pardon c’était un raccourci. Disons que je ne suis pas une grande bavarde (je parle beaucoup mais ne dis pas grand chose.. si si la nuance existe) Hum.
Et dans ma tête, joker !
Quelquefois c’est monstrueusement vide et quelquefois un peu trop plein :-)
La difficulté réside également dans l’absence d’intérêt d’une grande part de la population face aux évènements politiques, sociétaux, internationaux bref, un désintérêt face aux informations et un besoin, probablement, de distractions répétées. Je crois également qu’une grande part de la population est si démunie que les problèmes politiques sont le dernier de leurs soucis: ils rament, ils endurent, ils triment…
Il faudrait voir à quel moment s’est opéré ce glissement. Moi j’ai le souvenir, dans mon enfance, d’avoir évolué dans des milieux pas forcément favorisés mais je me rappelle que les gens étaient justement très investis politiquement. A quel moment la politique a cessé de vouloir dire quelque chose pour eux ?
Ceci dit, il me semble aussi qu’il y a beaucoup d’abstentionnistes qui ne sont pas démunis, loin de là…
C’est sympa de relayer le billet et de participer au débat.
Je suis trop crevée ce soir pour développer une argumentation développée.
A la place, je salue le comité de surveillance et je l’embrasse sur les fesses.
Merci pour lui, je suis sûre qu’il apprécie ;-)
Voter c’est surtout la possibilité ensuite d’assumer ses choix, de les défendre, de s’avouer déçu de la tournure des événements mais à mon humble avis la condition nécessaire pour ensuite s’exprimer sur la politique. Je te rejoins totalement sur ton sentiment. De même à partir du moment où la majorité démocratique s’exprime on se doit de la respecter et on a le droit au chapitre que si l’on a effectivement voter ( les manifestants de 2002 m’ont un peu fait lever les poils, comme on dit à la Nouvelle Star, alors qu’il suffisait de (bien) voter lors du premier tour…). La démocratie est-elle une chose trop sérieuse pour les électeurs ? J’espère bien que non…
Je suis assez d’accord avec toi : voter permet aussi d’exprimer publiquement son mécontentement ou sa déception. Mais râler alors qu’on n’a pas fait le déplacement jusqu’aux urnes… j’avoue ça me fatigue d’entendre ce genre de complainte !
après mon avis sur FB, ici après avoir lu les commentaires des unes & des autres. je pense que nous touchons du doigt la réalité d’une société égoïste, repliée sur elle-même, qui pense à son propre intérêt mais ne s’investit pas pour un sujet tant qu’aucun proche n’est concerné, qui préfère finalement la facilité de l’émission reprenant le test de milgram (horreur, malheure, moi non plus je n’ai pas regardé & j’aimerais savoir quel but ça visait) ou encore la dénonciation des autres dans koh lanta.
j’aimerais aussi être capable de dater ce glissement, moi je me souviens du soir de mes 10 ans, jour pour jour, il y a eu du monde à la bastille, tard dans la nuit & malgré la pluie, de ce jour là date peut être ma prise de conscience politique.
Merci pour ton commentaire. Tu as raison et je ne me mets pas spécialement hors du lot : on a tendance à réagir lorsque nous sommes touchés personnellement.
Je crois me souvenir aussi de ton 10e anniversaire alors ;-)
oups, malheur, emportée par le sujet, j’ai écorché l’orthographe
Pas grave…
J’aime ce pays… pour sa liberté d’expression…
Purée, j’ai cette chanson dans la tête depuis plusieurs heures et je ne me demande pas pourquoi… ;-)
BULLES D’INFOS 2012 : )
Les gens sont désintéressés encore plus de la politique depuis qu’ils ont un président qui comporte en Puff Daddy ! en même temps ils avaient voté pour lui …
“Désintéressés encore plus” c’est vrai. En même temps avant de mettre son bulletin dans l’urne, il est conseillé de réfléchir… un peu.