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Parce qu’elles le valent bien

22/02/2010

Il y a quelques jours, une amie m’a envoyé une info étonnante. Elle émane d’un grand média francophone à propos de la Journée de la Femme. Il s’agit d’un communiqué officiel qui explique que ce média va mettre en place un dispositif spécial à l’occasion de cette manifestation.

En voici les grandes lignes : “A l’occasion de la journée internationale de la femme, la rédaction (…) a décidé de confier les commandes à des femmes, du 8 au 12 mars 2010. Conçue comme une expérience, cette semaine a pour but d’encourager les vocations féminines aux postes à responsabilité.”


S’ensuit un petit laïus statistique sur le faible taux d’accession des femmes aux postes de cadres dans ce pays et sur les raisons de cette désaffection.

Le communiqué poursuit avec la présentation du projet : conçu comme un laboratoire qui doit permettre principalement d’expérimenter des fonctions à responsabilités, pour un plus grand nombre de journalistes femmes (…)”.

Et de conclure : “Cette semaine vise à créer une émulation au sein de la rédaction, et pourquoi pas, à faire émerger une nouvelle dynamique. Afin d’en tirer les meilleurs bénéfices, l’ensemble du projet fera l’objet d’une étude par un observateur extérieur.”

Je ne cite volontairement pas le nom de ce média, non pas parce que l’info est délicate (comme je vous l’expliquais cela a fait l’objet d’un communiqué officiel) mais parce qu’il me semble inutile de pointer du doigt spécifiquement cette entreprise. En effet, je crois, et je sais même en fait, que le constat fait ici est monnaie courante dans de nombreuses grosses sociétés. Donc hélas rien d’exceptionnel.

Ce que j’en dis ? Ça a l’allure d’un truc sympa, ça part d’un bon sentiment et ça pourrait presque ressembler à une initiative intéressante mais en réalité ça suinte la condescendance et l’infantilisation par tous les pores. Un peu dans le genre : “Allez tu nous montres ce que tu sais faire mais ensuite, t’es gentille, tu nous laisses travailler parce qu’on a un vrai métier nous !”.

Qu’on me comprenne bien, je suis d’accord avec le fait qu’il faille encourager la prise de responsabilités des femmes au sein des entreprises. Mais ça ne se fera pas avec de bons sentiments.

Si on veut confier plus de postes importants aux femmes, qu’on le fasse vraiment et pas à moitié. Et si on n’a pas de candidates avec les profils adéquats, qu’on les forme et qu’on les fasse évoluer. Et qu’on les traite comme les adultes qu’elles sont. Chaque jour de l’année.

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39 Commentaires laisser un →
  1. 22/02/2010 09:03

    Ton billet m’inspire beaucoup. Plusieurs réactions spontanées (qu’il faudrait que je bosse plus, peut-être pour faire un billet) :
    - le plafond de verre existe toujours mais il est en train de s’effriter. Depuis les années 1980, les filles ont massivement accédé à l’enseignement supérieur et ont progressivement conquis des postes très qualifiés. Par exemple : on voit de plus en plus de femmes médecins ou professeurs d’université. Il faudrait que je retrouve les chiffres les plus récents pour étayer mon propos.
    - le plus inquiétant est une bipolarisation du marché de l’emploi féminin : statistiquement, on trouve de plus en plus de femmes sur des emplois peu qualifiés et précaires (sous payés, temps partiel) et on en trouve de plus en plus sur des emplois très qualifiés. Les inégalités se creusent entre les femmes. Le discours sur l’inégalité homme / femme est pertinent mais il a tendance à masquer la réalité d’une inégalité inhérente au marché de l’emploi féminin.
    - et enfin la qualification scolaire des filles est bonne : elles réussissent mieux que les garçons au cours de leurs études.
    Bon j’arrête là. Désolée d’avoir squatté tes coms !

    • 22/02/2010 09:11

      Je t’en prie, c’est fait pour ça !
      Je suis d’accord avec toi, il y a un nouveau phénomène émergent dont on ne parle pas assez à mon avis, c’est cette inégalité croissante entre les femmes, celles qui évoluent dans leur carrière et celles qui sont cantonnées à des emplois précaires. D’ailleurs il n’est pas exclu que l’initiative dont je parle ici soit née d’un cerveau féminin car il ne faut pas surestimer la solidarité féminine en entreprise ;-)

      Ceci dit, l’inégalité hommes-femmes perdurent, surtout au niveau des salaires dans le type d’entreprise décrite dans ce post.

  2. 22/02/2010 09:37

    Je trouve ton coup de gueule justifié. Ce qui est déplaisant dans cette opération, c’est d’ailleurs plus que de la condescendance ou de l’infantilisation, c’est cette façon de parler des femmes comme d’extra-terrestres : “laboratoire”, “expérimenter”, “observateur extérieur”… On a vraiment l’impression que cette rédaction-là s’attend à un débarquement de martien(nes) du 8 au 12 mars, et qu’en prévision, ils se mettent en ordre de bataille pour étudier les spécimens, avec tests psychologiques, outils anthropomorphiques, etc. C’est un peu Ghostbusters au pays de la parité…

    • 22/02/2010 16:34

      Oui bien vu ! Ça fait un peu souris de laboratoire ou si je pousse le bouchon plus loin, émission de télé-réalité.

  3. 22/02/2010 09:40

    comme s’il s’agissait d’une faveur, et non d’une reconnaissance du mérite de ces femmes!

    • 22/02/2010 16:41

      Tu as déjà entendu la phrase suivante (dans le contexte pro) : “tu te rends compte de la chance que tu as ?”.

  4. 22/02/2010 10:13

    Les gens qui ont réfléchi à ce concept (hommes ou femmes, peu importe) doivent être pas loin de la retraite. Le sexisme, la condescendance dont ils font preuve sont vraiment d’un autre temps. Il est temps de lâcher la barre messieurs (dames) et de laisser la place aux jeunes (femmes) !

    • 22/02/2010 16:47

      Ah c’est marrant je ne suis même pas sûre que ce soit une question d’âge ;-)

  5. 22/02/2010 10:29

    Mais en France, l’accession aux fortes responsabilités est pas mal liée aux diplômes. Nos grands patrons/dirigeants doivent avoir en moyenne plus de 50 ans. Ce qui veut dire une sortie des études entre 1970 et 1985 (pour des gens ayant entre 50 et 65 ans), et comme on peut le lire ici:
    http://www.politique.com/ressources/humeur/avocat/injustice-femmes.htm
    ce n’est pas gagné d’avoir 40% de femmes dans les conseils d’administration, si on laisse la tendance naturelle agir seule.

    Alors, si le but est d’avoir 40% de femmes, pour avoir 40% de femmes, on y arrivera. Mais si c’est pour avoir 40% de femmes qui dirigent, alors, cela va être plus compliqué, il suffit de voir les maires (hommes), à la tête de conseils municipaux complètement mixtes.

    Dans une très grosse entreprise, celle où je travaille, l’organigramme s’est féminisé petit à petit en partant par les échelons du bas (et encore pas partout, dans les usines sur les chaines, il y a peu de femmes tout court). J’ai pu voir l’organigramme de ma direction d’il y a 20 ans, les chefs d’équipes et de services étaient quasiment tous des hommes. Actuellement, les femmes sont fortement représentées pour les chefs d’équipes (grosso modo 50%), et de façon important pour les chefs de services (environ 30%). En revanche, au niveau des directeurs, l’échelon du dessus, actuellement, aucune. Il y en a bien eu 2 pendant deux ou trois ans, mais elles ne sont plus là. Si on continue, logiquement, d’ici quelques années, cela devrait progresser.

    Pour les salaires, les salaires devraient être équivalents, mais après ce posera toujours le “problème” des grossesses. Mais est-ce à une entreprise de ne pas créer de différences ou à la société de compenser cette perte ? Quand j’ai commencé à bosser, j’ai été embauché le même jour qu’une copine qui avait le même diplôme que moi. Nous avions le même salaire, et pendant deux ans, nous avons été augmenté de façon quasi identique (elle légèrement plus que moi). Mais la troisième année, elle a eu un enfant, avec grossesse difficile. Conséquence, à la fin de cette année là, j’ai eu +8%, elle +1%. Pour peu que cela se reproduise une ou deux fois, on a une différence significative qui se créée. Alors, qui est coupable ? L’entreprise qui n’augmente pas une employée peu présente ou la société qui ne compense pas ?

    *****

    un truc “amusant”, l’Etat devrait balayer devant sa porte:
    http://www.femmesaaeena.com/pdf/reperes/encdtsup_fonctionpub_rapport_2006.pdf
    que l’on trouve sur le site
    http://www.femmesaaeena.com/reperes.html qui est très très interessant sur le sujet.

    • 22/02/2010 17:19

      Merci de ton témoignage et d’avoir pris le temps de le rédiger.
      Ce que tu dis est assez vrai, on va dire que pour des profils diplômés, tout se passe relativement bien jusqu’à la maternité. Après il y a un ralentissement pour les femmes sauf pour celles qui ont les moyens (nounous à horaires très variables, famille très disponible…).
      Après c’est un vaste débat mais je suis assez partie prenante de dire que l’entreprise et la société en général doivent évoluer sur ses questions.

  6. 22/02/2010 11:19

    En fait tu remplaces le mot “femmes” par “enfants” et là tu trouves l’initiative rigolote.

    On se croirait dans les années 50 “Comment ? les femmes pensent? attendez on va les mettre aux commandes d’un journal on va voir ce qui en sort.”

    La phrase : “Cette semaine vise à créer une émulation au sein de la rédaction, et pourquoi pas, à faire émerger une nouvelle dynamique. ”

    Le “Et pourquoi pas” est vraiment, vraiment, vraiment de trop. (on sait jamais des fois qu’elles ne fassent pas que de la merde)

    Rrraaahhh!!!

  7. 22/02/2010 12:43

    Je plussois ton coup de gueule. Ce genre d’initiative me donne des boutons, c’est vraiment pénible (pour ne pas dire plus) de voir ça en… 2010 ! Je trouve déjà assez moyen que la journée de la femme ait vu son but 1er détourné (non parceque si je ne me trompe pas, à la base, c’est plus destiné aux femmes afghanes par exemple, qu’à nous non ??) mais alors en plus pour si c’est pour faire passer un message du genre “regardez, les femmes peuvent travailler !” là j’ai carrément besoin d’un petit sac en papier (beuhaaaaa !). J’assimile ces initiatives à l’obligation de faire passer des lois sur les quotas… alors que ça devrait être simplement dans l’ordre des choses ! J’ai entendu une info ce matin : il paraitrai que lorsque les femmes encadrent des équipes (en entreprise), elles seraient plus performantes. CQFD…

    • 22/02/2010 17:29

      Le hic c’est qu’on semble attendre des femmes qu’elle fasse toujours leurs preuves. Mais moi j’ai eu plein de managers hommes ET femmes, souvent incapables ou dépassés par la situation, avec qui la direction avait beaucoup de patience. Plus qu’il n’en aurait fallu souvent…

  8. philbret lien permanent
    22/02/2010 13:35

    C’est marrant. Cela rappelle un peu les séances du conseil municipal spécial jeunes ou les conduites d’émissions de télé confiées à des téléspectateurs. Histoire de comprendre comment ça se passe dans un vrai métier. Mais bon, ce ne sont pas les rédactions de journaux qui affichent le plus un manque chronique de présence féminine, sauf peut être en Suisse. Il aurait été plus surprenant pour cette journée de la femme de leur voir confier des postes de déménageuse, garderesse du corps, convoyeuse de fond, plombière, chercheuse d’or ou piloteuse de chasse.

    Et si l’on confiait plutôt durant une journée les conseils d’administration des banques suisses à des femmes, peut être en sortirait t’il une nouvelle dynamique.

    Pendant ce temps, les banquiers iraient les remplacer dans les crèches.

    Après tout, ils le valent bien.

    • 22/02/2010 17:47

      On pourrait leur proposer un stage d’observation aussi à ces femmes ;-)
      J’adore “piloteuse de chassse”.

  9. 22/02/2010 14:05

    C’est vrai que c’est un peu bizarre…et je trouve le communiqué de presse assez maladroit, finalement. Ca fait un peu : ah mais vous savez, on croirait pas, comme ça, mais en fait on est quasi certains que les femmes pourraient remplir les mêmes fonctions que les hommes ! Incroyable, non ?!”

  10. 22/02/2010 17:24

    Je trouve aussi que c’est un peu infantilisant, une semaine de joujou et on repart comme avant!
    Ceci dit le problème est très compliqué dès qu’il y a des enfants, une harmonie familiale à trouver… les 2 parents qui travaillent 60 heures chacun, c’est dur! Je n’ai pas la solution…

    • 22/02/2010 17:49

      Je suis d’accord avec toi, ce n’est pas si simple que cela ce problème et comme le soulignait Madame Kévin, cela ne peut se résumer à une bête inégalité “hommes-femmes”. Mais j’ai toujours l’espoir qu’il y ait de bonnes initiatives qui soient prises, des exemples à suivre… et non des idées aussi farfelues que celle-ci.

  11. 22/02/2010 21:32

    Je vais peut-être te paraître triviale mais pour que les femmes évoluent dans la société, il faut des crèches, des garderies, des modes de garde qui ne bouffent pas tout le fric gagné, aux horaires flexibles….

  12. louisesoon lien permanent
    22/02/2010 21:45

    je ne sais jamais quoi penser de genre d’initiative. Meme si elle est maladroite, elle a peut être le mérite de soulever le débat, c’est toujours ca. Mais je suis également de celles que ce discours fatigue. A mon boulot par exemple, il y a chaque année des remises de prix pour tel ou tel truc. Comme il n’y avait pas souvent de femmes récompensées, ils ont créé une categorie spéciale “femme”. Initiative à laquelle je me suis opposée, car j’ai toujours pensé qu’un employé devait être reconnu pour sa valeur et non par son gendre. Pourtant, l’idée ne partait pas d’une mauvaise intention…du coup, je me demande si je n’ai pas renforcé l’idée “non, mais qu’est ce qu’elles sont chiantes les gonzesses!” :)
    En même temps, je n’ai pas a me plaindre, aux Pays Bas où je vis, je ne me sens pas “limitée” par mon gendre, au contraire même. Il faudrait que je creuse un peu la question pour savoir comment ils en sont arrivés là (même si tout n’est pas parfait, hein!). Ont-ils beaucoup usé de discrimination “positive?”. Je vois parfois des annonces de cadres supérieurs exclusivement ouvertes aux femmes, ce qui continue à m’interpeller. Je ne sais pas si nous n’avons pas aussi parfois tendance à stigmatiser toute initiative dans ce domaine quelle qu’elle soit, puisqu’elle introduit immédiatement la notion de différence, rendant alors la question délicate. Tu vois ce que je veux dire?

    • 22/02/2010 22:16

      Oui oui je vois ce que tu veux dire ;-)
      Tu as raison, il y a sans doute une ambiguïté à vouloir que les choses évoluent sans supporter toujours bien cette notion de différence.
      Pour ce qui est de la discrimination positive, je n’ai pas d’avis tranché sur la question même si je suis persuadée que cela n’est pas qu’un problème d’inégalité hommes-femmes.

  13. 22/02/2010 23:27

    C’est rigolo, moi je trouve que ça fait “on prévient bien que pour cette fois c’est des femmes qui l’ont fait” (au cas où c’est pourri, c’est pas vraiment de notre faute)

  14. 23/02/2010 09:31

    Un truc qui m’amuse avec la parité, c’est que souvent on entend les mêmes personnes être contre les quotas sur les minorités dites visibles et sociales, et être pour la parité.

    En gros, c’est plus compliqué pour Eleonore femme blanche née et ayant vécu dans le XVIe d’obtenir un poste à responsabilité que pour Ahmed né et vivant à Stains.

    Comme un doute là…

    • 23/02/2010 11:56

      Oui j’en doute aussi ;-)
      Ceci dit cela fait partie des contradictions, cela rejoint ce que disait Louisesoon.

  15. Laurence Bx lien permanent
    23/02/2010 09:51

    Tu ne parlerais pas de Canal + par hasard ! Cela me fait penser à ce que disait Françoise Giroud ” le problème des femmes sera résolu le jour où l’on verra une femme médiocre à un poste important.”

    Un petit détail qui n’a rien à voir avec le thème, mais ce ne serait pas possible que les derniers avis postés dans ton blog soient tout en haut, ça éviterait à chaque fois de descendre tout en bas pour voir les nouveaux !

    • 23/02/2010 11:58

      Non il ne s’agit pas de Canal+ mais c’est vrai que j’ai vu passer une info similaire du genre “Ariane Massenet prendra les commandes du Grand Journal EXCEPTIONNELLEMENT !”.
      Concernant la citation de Françoise Giroud, toi et moi on peut effectivement s’y rallier ;-)

      Pour les commentaires, ça doit être possible, je vais regarder ça !

  16. 23/02/2010 12:36

    Voilà suite à la demande de Laurence, je fais un test : les derniers commentaires sont publiés en haut. On va voir ce que ça donne.

  17. philbret lien permanent
    23/02/2010 14:02

    Il faut tout de même préciser que cette initiative vient de Suisse,pas de France où les femmes ont tout de même des postes de responsabilité importants dans les entreprises. La Suisse qui n’a attribué le droit de vote aux femmes qu’en 1971 (au moment où en France on l’accordait aus jeunes de 18 ans). On peut comprendre que les suisses aient besoin de s’instruire un peu, avec un tel train de retard.

  18. 23/02/2010 14:52

    C’est horrible dans ce sens ;), et en plus en contradiction avec le sens de lecture.
    On lit de haut en bas, en commençant par les premiers commentaires, et en finissant par les derniers
    Là les réponses arrivent avant les questions.
    Au lieu de descendre une fois, on fait l’ascenseur en continu.

    ***

    Mais cela m’a permit de relire le premier commentaire de ce post, en me disant qu’il me disait quelque chose quand même. :)
    Juste un truc bizarre, les filles réussissent moins bien le concours que les garçons. Et j’ai entendu dire à plusieurs reprises que les concours étaient un exercice plutôt masculin, avec un taux de réussite des hommes supérieurs à celui des femmes.
    Question d’éducation, de culture ou autre ?

    j’ai retrouvé ma source:
    http://docs.edhec-risk.com/rsc/La_parite_homme_femme.pdf

    en cherchant sur yahoo
    concours HEC egalite homme femme
    on trouve pas mal de résultats à ce sujet.

    • 23/02/2010 18:32

      Bon je l’ai remis dans l’autre sens. Ce que je suis influençable quand même ;-)
      Merci pour ta doc, je vais aller regarder ça de plus près.

  19. philbret lien permanent
    23/02/2010 15:12

    Je me suis amusé à faire une vérification de la composition de la rédaction d’un journal. J’ai pris au hasard l’Express mais surtout car c’est le premier auquel j’ai pensé, sans doute à cause de son omniprésent directeur des rédactions, Christophe Barbier dont on a beaucoup parlé ces derniers temps et sur lequel je suis intervenu sur un blog “ami”. Voyons donc comme quoi parfois les idées reçues ont la vie dure:

    Commençons par la partie WEB.
    L’équipe de direction :
    Directeur de la rédaction : Christophe Barbier
    Directrice des éditions électroniques : Corinne Denis
    Editeur LEXPRESS.fr: Sophie Gohier
    Rédacteur en chef : Eric Mettout

    Soient donc deux hommes et deux femmes. 50/50.

    Les journalistes de la rédaction:
    Thierry Dupont , Eric Lecluyse, Julien Bordier, Thomas Bronnec, Marie Simon, Matthieu Deprieck, Laurent Martinet, Anne-Laure Pham, Géraldine Dormoy, Marie-Amélie Putallaz, Catherine Goueset.

    Soient six hommes et cinq femmes. Allez, 50/50. On ne va pas chipoter.

    Voyons maintenant la diffusion papier.

    France:
    Rédactrice en chef : Corinne Lhaïk.
    Rédacteur en chef adjoint (politique) : Eric Mandonnet.

    Régions:
    Michel Feltin, Philippe Bidalon, Jacques Trentesaux .

    Monde:
    Marc Epstein, Jean-Michel Demetz, Philippe Coste, Axel Gyldén, Vincent Hugeux, Dominique Lagarde, Sylvaine Pasquier, Delphine Saubaber.

    Economie:
    Bruno Abescat, Valérie Lion. Eric Chol, Georges Dupuy, Guillaume Grallet, Benjamin Masse-Stamberger, Corinne Scemama. Renaud Revel, Christine Kerdellant.

    Enquêtes:
    Philippe Broussard, Pascal Ceaux. Jean-Marie Pontaut, Gilles Gaetner, Henri Haget, Eric Pelletier, Boris Thiolay.

    Société-Sciences:
    Claire Chartier. Gilbert Charles, Vincent Olivier, Estelle Saget, Anne Vidalie, Laurent Chabrun, Claire Chartier, Julie Joly, Richard de Vendeuil, Raphaël Enthoven, Jean-Didier Vincent, Ariel Wizman.

    Livres:
    Emmanuel Hecht, Marianne Payot. Jérôme Dupuis, André Clavel, Delphine Peras.

    Arts et spectacles:
    Eric Libiot.
    Marion Festraëts, Christophe Carrière, Gilles Médioni, Annick Colonna-Cesari, Bertrand Dermoncourt, Laurence Liban.

    Styles:
    Lydia Bacrie, Guillaume Crouzet. Anne-Laure Quilleriet. Sylvie Wolff, Katell Pouliquen, François-Régis Gaudry, Paola Genone, Maïté Turonet, Marion Vignal, Ghislaine Peraria.

    Documentation:
    Antonya Tioulong-Noseda., Anne Hürstel, Marion Bain, Catherine Hoogenboom, Sophie Taravella, Laure Antoine, Thierry Patry, Catherine Wasylec, Emmanuelle Pesez, Pedro Uribe Echeverria.

    Photo:
    Nicole Nogrette, Nathalie Marchetti,Thierry Dudoit, Jean-Paul Guilloteau, Christine Soler, Dalila Babaci, Karen Charles, Elisabeth Lehalle, Nguyen Thi Bao Dinh, Vera Soulier, Delphine Vivier.

    Soient 42 hommes et 41 femmes.

    Avec tout de même une nette ségrégation dans le service enquêtes. Aucune femme. Bravo.
    Ségrégation compensée dans les services documentation et styles, largement dominés par des femmes.

    Comme quoi quand on y regarde de plus près.

    Allons voir à présent le comité de management.

    Directeur exécutif: Eric Matton.
    Directrice commerciale Pôle Information-Business: Valérie Salomon.
    Directeur de la publicité: Pierre-Etienne Musson
    Directrice de la publicité L’Express-Styles: Anne-Sophie Simon.
    Directrice de la publicité littéraire : Patricia de la Fage
    Studio de création: Dominique Cornière, Blandine Pétillat, Michel Ivoré.
    Directeur du marketing: Jean-Christophe Gombeaud.
    Réussir – annonces classées : Nathalie Louis.
    Abonnements: Géraldine Leger et Katherine Lega.
    Marketing direct: Christine Vouilloux.
    Fichiers: Delphine Marmissolle.
    Relations clientèle: Agnès Molina.
    Ventes au numéro: Estelle Collard, Yvan Desert, Bernard Vermot Desroches.
    Edition internationale: Sylvia Attias.
    Promotion: Marina Ottavi.
    Salons/Evénements: Tony Douchet.
    Gestion: Thierry Pacaud, Frédérique Guibout, Brigitte Rainteau, Yvane Perchat.
    Comptabilité: Gilles Hervo, Corinne Cantoni.
    Formation/RH: Jacques Bel.
    Juridique: Régina Chocron
    Directeur technique: Pascal Delépine.

    Dix hommes contre dix huit femmes. Record battu. Qui dira que la parité n’est pas respectée, voire dépassée dans les postes à haute responsabilité?

    Mais voyons plutôt maintenant les hautes sphères de l’express.

    Conseil de surveillance: Rik De Nolf , Bernard Pivot, Francis Balle, Xavier Bouckaert, Bernard Brunhes, Jean Pierre Dejaeghere, Philippe Bidalon, Maxime de Jenlis, baron Hugo Vandamme.

    Bon ok, là je suis d’accord, mais on ne rigole plus, c’est du sérieux. Comme les banquiers suisses.

    Allez, vous vous rattrapez quand même là:

    Directoire: Marc Feuillée (président), Corinne Pitavy (directrice générale).
    Directeur de la publication: Marc Feuillée.
    Directrice régie: Véronique Pican.
    Directrice commerciale internationale: Eileen LeMuet.
    Directrice des ventes au numéro: Sophie Guerouazel.
    Directrice des abonnements: Anne Evrard.
    Directrice des ressources humaines: Véronique Darasse.
    Directrice financière: Sophie deBeaudéan.
    Directrice des éditions électroniques: Corinne Denis.
    Directeur des produits dérivés: Stéphane Chabenat.
    Directrice juridique: Fabienne Havet.
    Directeur des services informatiques: Thierry Bérard.
    Directeur achats et services généraux: Thierry Pallu.

    Quatre hommes et neuf femmes. Pas mal non ?

    Soit au total 64 hommes et 75 femmes pour les postes de cadres. Si on rajoute les neuf machos du conseil de surveillance, le score est de 73 à 75. Vous êtes donc déclarées vainqueuses de l’épreuve parité à deux poils près.

    Je serais maintenant curieux de voir la répartition chez Elle.

    • 23/02/2010 18:36

      Merci d’avoir recopié tout l’ours de l’Express ;-) Bravo à eux j’ai envie de dire mais enfin bon, même s’il est vrai que les femmes sont fortement représentées dans les médias français, ce n’est pas pour cela qu’elles accèdent toutes à des postes de management.
      Chez Elle, c’est majoritairement féminin, après je pense qu’il est intéressant de regarder plus haut dans l’organigramme de Lagardère ;-)

      Ceci dit, encore une fois, je pense qu’effectivement c’est très réducteur de ne parler aujourd’hui que d’inégalité hommes-femmes. C’est nettement plus complexe comme on a pu un peu le voir ici dans les commentaires déjà.

  20. PhilBret lien permanent
    23/02/2010 21:19

    On peut aussi essayer avec les jeux olympiques, le cirque, le show business, le cinéma, et même les compagnies pétrolières, sujet d’actualité, pour voir si les femmes y ont leur place aux coté des hommes. Et même la politique d’ailleurs.

    Bien sûr que ce sujet est réducteur. Je pense que si le mari avait deux fois son salaire, sa femme préfèrerait s’occuper de sa vie familiale et d’activités à sa mesure. L’inverse est tout aussi vrai. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, beaucoup d’hommes prennent des congés parentaux depuis qu’ils y ont droit.

    C’est un peu cela la vrai parité.

    • 24/02/2010 07:56

      Je suis d’accord avec le fait que certains hommes ne rechigneraient sans doute pas à prendre des congés parentaux et ça ferait sans doute bouger les choses.
      En revanche, c’est une question que je me pose souvent : si mon conjoint gagnait le double de son salaire, arrêterais-je de travailler pour autant ? Je ne crois pas. Sans doute parce que mon parcours professionnel représente beaucoup de travail et je ne suis pas prête à tourner la page. En revanche, je me sentirais plus à l’aise dans ma peau de travailleuse indépendante certainement.
      Et puis Elisabeth Badinter ne serait pas contente : à l’heure où près d’un couple sur 2 se sépare, il est bon de conserver un minimum d’indépendance financière.

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