Jeu d’écriture, part II
Voici ma contribution à la suite du jeu d’écriture initié par Madame Kévin et Lizly. Pour en savoir plus, rendez-vous ici sur Le blog à 1000 mains.
Je suis là chaque matin mais elle ne me voit pas. Lorsqu’elle arrive et qu’elle commence à sortir les tables de la terrasse, j’ai déjà fini mais je reste un peu pour la regarder. Jamais son regard n’a croisé le mien pourtant. Elle ne sait même pas que je suis là.
Parfois dans la journée, on repasse par là avec les gars, pour rejoindre le square. Je peux de nouveau l’observer à la dérobée. Elle est toujours là, belle, enjouée et si vive, à faire des allers-retours entre le bar et la terrasse.
Ce type, à la table du coin, ne sait pas la chance qu’il a : elle le regarde, lui parle et lui sourit. Et puis je l’ai bien repéré l’autre qui vient tous les jours et qui se pose toujours au même endroit. Qu’est-ce qu’elle a à minauder comme ça d’ailleurs quand elle lui apporte son café ? Me dites pas qu’il lui plait quand même !
Moi aussi je suis posté là tous les jours, mais elle ne me voit pas, C’est pas faute de donner dans la discrétion pourtant ! La municipalité nous a affublés d’horribles uniformes jaunes et verts. Mais malgré cela, son regard n’atteint jamais le mien.
Pourtant je suis là chaque matin et c’est grâce à moi qu’elle peut commencer tranquillement sa journée : je suis celui qui ramasse les feuilles sur sa terrasse.
NDLR : pour être tout à fait honnête, ce texte ne m’a pas été inspiré que par cette photo. Les feuilles mortes m’ont fait penser à la chanson Majorette de Bénabar que je vous mets ici en clin d’œil (si quelqu’un sait intégrer un player audio dans WordPress, je suis preneuse !).






Ouaaiiiss!
j’adore ces jeux d’écriture!!
Je suis impressionnée par ta faculté à imaginer un texte à partir d’une photo somme toute banale, texte auquel je ne m’attends pas du tout et qui pourtant me semble évident dès que je l’ai lu.
En plus c’est beau, c’est touchant, c’est bien vu, bien écrit enfin bref…. je suis nulle pour les commentaires mais t’as compris que j’aimais beaucoup hein!!
Moi aussi j’adore ces jeux d’écritures !
Parmi les possibilités de textes que j’avais imaginées, j’avais pensé à l’employé qui s’occupe du nettoyage. Puis j’ai laissé tomber l’idée car je m’étais embarquée dans une histoire de vomi… Bon… Mon texte sera donc sur un autre thème.
Je visualise bien cet homme secrètement amoureux.
J’ai mis ton texte en ligne. Comme tu n’as pas mis de titre, j’ai mis “je suis là chaque matin”. Si tu veux changer, tu peux me faire un mail.
Bravo !
C’est un exercice qui te convient à merveille on dirait.
J’adore la chanson “Majorette” ! Joli texte ! Je n’aurai pas pensé au balayeur de feuilles mortes… ça change ! Et là pour le profil amoureux, je trouve que celui-ci est plus discret.
Il faut absolument qu’il revienne, autrement vêtu!!!!
Eve.G : ouah je me lève le matin et plein de commentaires sympas ;-) merci ! Quand est-ce que tu te lances toi ? Parce qu’en terme d’imagination, tu n’en es pas dépourvue…
Madame Kévin : on pourra faire un thème vomi une prochaine fois ;-) Oui c’est sympa ces jeux, ça permet de travailler autrement la créativité.
Céline : ça me permet de me sortir un peu de mon manque d’inspiration pour le blog que je ressens ces temps-ci. Et toi, tu te lances ?
FaFa : merci. Moi aussi j’aime beaucoup cette chanson.
Le Journal de Chrys : tu crois que c’est à cause de son uniforme ?
Je te vois bien chaque matin dans ton gilet municipal jaune fluo. Mais si je te regarde, tu vas croire que je te regarde. Les autres types, y viennent juste prendre un caf’ et y partent bosser. On se tape un bout de conversation pour la forme, un petit sourire paske ça risque rien. Y sont mariés et y zont pas le temps. Alors que toi, je sens ton regard sur moi. Je vois bien que tu mets trois fois plus de temps à balayer ma terrasse que celle des aut’ bars. Même les feuilles te demandent d’aller plus vite mais non, tu t’en fous des feuilles. Même tes collègues sont déjà de l’aut’ coté de la rue que t’es toujours devant mon bar. Je t’ai déjà vu promener la même feuille avec ton balai pendant un quart d’heure entre mes chaises. Je me demande même si tu rajoutes pas des feuilles des fois. Pis toi tu triches pas, t’es pas comme l’aut’ frisé qui enlève son alliance tous les matins avant de s’asseoir. Y s’imagine que j’vois rien. Y sont cons ces mecs. Au moins toi t’as pas d’alliance. Pis faut dire qu’avec tes cheveux pas coiffés et tes gros godillos, l’aut’ salope d’à coté risque pas de te remarquer. Tant mieux. Ce qui compte, c’est pas les habits mais ce qui a d’dans.
T’es quand même vachement timide toi.
Tu sais quoi? Demain, au lieu de promener tes feuilles, tu t’assois et tu m’offres un café. A ct’heure là j’ai le temps, y a personne.
C’est très bien écrit et sympa, j’adore!
Philbret : ah c’est chouette d’avoir pris la suite, je me demande s’il va y aller ou pas…. J’adore “je me demande même si tu rajoutes pas des feuilles” ;-) merci et ton blog alors ???
Sylvie : merci
Ah bah non il ne va pas y aller. Ce serait trop facile. Et pourtant il en a envie. Mais bon, dans ces cas là, c’est toujours la femme qui prend les choses en main et elle va bien trouver un moyen de le décider à s’avancer.
J’ai dû fermer le blog, sûrement par paranoïa mais bon. De plus, certains m’ont déconseillé de faire un blog de cette manière. L’idée était d’associer le processus de réflexion à celui de l’écriture du roman et d’en montrer ainsi la structure. Dans un soucis de partage. L’inconvénient est que cela dévoile aussi les idées. Ce n’est pas tant le risque de plagia qui me perturbait mais plutôt celui de voir partir mes idées sous la plume d’un autre. Or une idée ne se protège pas et beaucoup de scénaristes sont en panne d’idées en ce moment. Dans le doute, j’ai préféré l’arrêter pour le moment. Je le reprendrai peut être plus tard mais de façon conventionnelle en commentant la vie de tous les jours. En attendant, je continue l’écriture du roman, dans l’ombre, comme tout écrivaillon.
J’ai passé encore un agréable moment à lire cette petite histoire qui coule de source. Tout s’enchaîne à merveille et le lien avec la photo est à la fois subtil et intense, jusqu’à la dernière phrase…
Tu es douée Bulles, j’aime vraiment ta façon de raconter les choses, avec simplicité, portée par la plume. mais comment te vient l’inspiration ? de suite en regardant la photo ou est ce que tu regardes la photo puis tu y reviens plus tard ? Tu écris en un seul jet ?
Oui parfois l’habit anonyme….
Tu portes un regard original à cette photo, un récit simple et sans prétention, une tranche de vie, avec ses sentiments !
Philbret : pour le blog tu as sans doute raison, les idées peuvent être assez volatiles…
Quant à notre gars, on va voir si l’aventure se poursuit.
Isa Jones : merci. j’ai rarement l’idée en regardant la photo la première fois, je laisse dans un coin et j’y reviens. Et puis là, ça m’a fait aussi penser à une chanson et tout s’est enchainé. Oui j’écris d’un seul jet, beaucoup plus rapidement que certains billets.
Le Journal de Chrys : oui et l’uniforme ne fait pas toujours craquer les donzelles ;-)
M1 : merci !
Cette continuité a été publiée à la suite de ton texte sur le blog de 1000 mains sous le titre “Jaune fluo”. J’ai aussi publié sur le même blog un texte pour le premier jeu sous le titre “Le compte n’était pas bon”.
Et merci à Mme Kevin pour son hospitalité blogueste.
PhilBret : quelle bonne nouvelle ! Très bonne idée d’autant que ce jeu présent l’avantage d’être ouvert à tous, blogueurs ou non blogueurs.
Encore une fois très réussi ton jeu d’écritures. Chez moi, le gars au gilet jaune, je ne peux pas le louper, toujours un immense sourire jusqu’aux oreilles, on se dit bonjour à chaque fois qu’on se croise ou le petit coup de klakon quand je suis en bagnole, un rituel que j’adore !
Anaïk : ah comme quoi ce n’est pas qu’une question d’uniforme ;-)