Mauvaise fille
J’ai mis du temps à ouvrir un livre de Justine Lévy. Je me souviens qu’ à l’époque de la sortie de Rien de grave j’avais été un peu hérissée par le déballage trash que le livre semblait contenir. J’avais tort. J’ai fini par le lire l’an dernier et j’ai beaucoup aimé.
C’est donc tout naturellement que je me suis plongée dans Mauvaise fille, son troisième roman. Elle y revient sur ses relations avec sa mère, morte d’un cancer au moment où elle-même était enceinte de son premier enfant.
Comme dans Rien de grave, il s’agit d’un roman autobiographique où Justine Lévy dévoile de larges pan de sa vie personnelle et familiale. Si vous avez un peu lu la presse au moment de la sortie de Mauvaise fille, vous n’avez pas pu louper le caractère particulier de l’enfance de Justine Lévy entre un père très médiatique et une mère pour le moins paumée voire inconsciente. Certaines anecdotes sont édifiantes et pourraient à elles seules constituer le seule intérêt malsain du livre.
Mais le meilleur n’est pas là. Certes Justine Lévy se dévoile sans retenue mais cela n’attise pas nos instincts voyeurs car elle le fait avec sincérité voire avec une certaine innocence.
Et puis elle balance Justine, elle y va. Sur plein de monde. Mais là encore, on échappe au côté sensationnel. Parce qu’elle ne s’épargne pas elle-même et n’a aucune complaisance à son égard. Ce qu’elle fait subir aux autres n’est rien à côté de ce qu’elle s’inflige.
Je vous recommande vraiment la lecture de ce roman parce que d’une histoire d’une tristesse infinie, on en ressort étrangement léger. Justine Lévy a un style très particulier, rapide, un peu cassé et non dénoué d’humour. Son style est comme son histoire semble-t-il : loin de s’appesantir sur le sordide, elle cherche du côté de la vie.
Justine Lévy, “Mauvaise fille”, Ed. Stock 2009






Tu me donnes vraiment envie de le lire !
Je m’étais arrêtée dessus à l’occasion de l’un de mes (très) rares passages en librairie, vu qu’il me reste encore quatre livres et demi à terminer.
Le titre avait retenu toute mon attention ! Tu penses, une fille de people, on s’attend à ce que ça balance… Je l’avais feuilleté et en quelques lignes j’avais complètement oublié quel était son pedigree pour ne retenir d’elle que l’auteur et l’histoire intimiste dans laquelle elle plonge son lecteur. Puis j’ai reposé le livre lui préférant quelques albums Barbapapa (pas pour moi, hein).
A croire que laisser de côté “Mauvaise fille” fut un mauvais choix.
J’avais lu Rien de grave et j’avais bien aimé. C’était certes un déballage familiale mais il y avait quelque chose qui poussait à la lecture. Sa détresse après sa rupture était quand même émouvante.
Ce livre-ci m’attire aussi mais je pense que je vais attendre un peu. Mais je pense que je le lirai ! Merci d’avoir donné un avis !
La mère Minos : j’ai un argument supplémentaire pour toi : il se lit vite (peut-être pas autant que Barbapapa…). Je suis subjective mais pour moi cette fille est un vrai écrivain. On vient de me conseiller son premier roman que je n’ai pas lu “Rendez-vous”.
FaFa : dans “Mauvaise fille” tu verras il y a une continuité par rapport à “Rien de grave” avec une vraie évolution de la pensée du personnage.
Je sais que je pourrais lire ses livres d’une traite parce que ne nous le cachons pas j’ai une petite tendance au voyeurisme people.
Mais son déballage chez Ardisson m’a mis mal à l’aise.
Je comparais justement avec la plupart des blogueuses que je lis qui mettent un point d’honneur à garder pour elles l’intime (en tout cas le très intime) parce que pour moi en tout cas j’aurais l’impression d’aller en cours en oubliant de m’habiller si je dévoilais plus que ce que je fais déja, et je me suis dit qu’elle devait faire sa thérapie via ses bouquins.
Mais si j’avais été à sa place, j’aurais édité les bouquins sous un autre nom.
Après, si son talent d’écrivain est tel que tu le décris, je pense que je n’aurais aucun mal à dépasser ce simple côté voyeurisme people.
Enfin j’espère, je n’ai jamais lu de livres de gens un peu connus qui déballent à tout va.
par exemple, je sais déja que je ne lirais pas le bouquin de cet abruti de Nicolas Rey que j’ai croisé dans ma rue avec son fils qui ne doit pas avoir plus de 4 ans et dont j’apprends qu’il fait un bouquin pour dire à quel point il était camé et il buvait.
on s’en fout connard! Prends tes responsabilités, fais toi soigner et occupe toi de ton môme au lieu d’attendre le goncourt pour ton livre thérapie!
Ralala je sais plus pourquoi je suis énervée mais bon quand même.
moi aussi j’ai un peu du mal avec les gens qui font leur thérapie sur la place publique, comme ça… On a un peu le sentiment qu’ils quémandent notre attention, je trouve.
Enfin je l’ai pas lu non plus et je parle sans savoir évidemment, mais bon, ça me semblerait moins impudique s’ils publiaient sous un autre nom par exemple.
Ah Eve.G, formidable ton commentaire va me donner l’occasion de faire un billet dans le billet… Alors reprenons :
- Comparer les écrivains aux blogueurs… certes il y a de très belles plumes sur la blogosphère, et même beaucoup mais restons calmes et détendus : écrire un billet et un bouquin ce n’est pas tout à faire pareil. Ça me fait penser aux gens qui disent “oh moi j’adorerais écrire, on me dit que je suis doué en plus”. Ben vas y écris un livre en entier au lieu de ne faire qu’en parler. Parce qu’à ce compte là, c’est assez facile de se faire mousser. Y’a une différence entre pondre des billets et structurer sa pensée pour faire un ouvrage. Bon après c’est sûr qu’il y a de mauvais auteurs qui sont publiés, ils ne sont pas tous exceptionnels loin de là…
- Pour moi ce n’est pas une people. Bon c’est une “fille de” mais elle n’y peut rien. Et en même temps je me demande si être la fille de BHL est une chance médiatiquement parlant (oui sans doute mais ça doit être embarrassant non par moment ?). Il se trouve qu’elle a une vie singulière, effectivement liée à son ascendance et au milieu dans lequel elle évolue. En même temps c’est une excellente matière à un roman et elle aurait eu tort de se priver. Tout ce qui lui est arrivé, on n’aurait pas forcément pu l’inventer !
- Ardisson ? Bon je n’ai jamais vu Justine Lévy à la télé et je ne crois même pas connaître le son de sa voix donc si ça se trouve c’était effectivement en-dessous de tout. Mais Ardisson quoi ! Si ce mec était du genre bienveillant à mettre les gens en valeur, ça se saurait hein…
- Nicolas Rey : chais pas j’ai pas d’avis sur la question. Pas lu.
France Garnier : bon je vais pas tout répéter hein mais lis mon commentaire précédent.
Sinon, j’ai toujours trouvé ça simpliste les discours du genre “l’écriture m’a sauvé la vie”… que ça soulage sans doute mais après ce genre de formules toutes faites, on les a tellement lues / entendues que ça finit par ne plus avoir de sens je trouve.
Hannnn!!
Mais comment je suis pas d’accord!!!
je plaisante.
Attention ton billet dans le billet va me donner l’occasion de faire un billet dans le billet de ton billet. Mouhaha.
Je ne compare pas du tout le niveau d’écriture des blogueuses et des écrivains (quand même !) et je tiens le même raisonnement que toi à ce sujet.
Je dis que : le blog étant le journal intime par excellence, lorsque je vois ces écrivains qui sortent des livres sur des expériences extrèmement intimes (mon mec m’a largué pour Carla Bruni, ma mère était à l’ouest toute mon enfance, j’ai passé mon temps à me droguer et à picoler), je suis assez mal à l’aise, parce que ce sont finalement des expériences que les gens communs peuvent vivre malheureusement tous les jours.
Et en faire un livre, en ne se cachant pas derrière l’anonymat d’un autre nom ou d’un blog (pour les petites gens comme nous) est un acte très fort.
Et une marque d’égocentrisme assez énorme d’ailleurs.
Que des gens fassent des bouquins sur “je suis la seule rescapée du vol machin” ou “A 4 ans j’ai été élevée par des loups” je veux bien, mais qu’on fasse un livre thérapie comme ceux qu’elle et d’autres peuvent écrire me procure un sentiment de malaise.
Et je concluais mon com précédent en disant : Cependant, si elle a les talents d’écrivain que tu décris, ce stade peut être facilement dépassé et me donner envie de le lire comme le livre qu’il est et pas comme une annexe complète à un article de Voici.
En fait on est presque d’accord.
mais presque hein!
Eve.G : je suis d’accord qu’une vie trash, c’est à la portée de tout le monde. Après la raconter avec talent, c’est autre chose. En lisant les romans de Justine Lévy, j’ai vraiment été emportée par son récit.
Après évidemment ça lui a servi de médiatiser tout ça, ne soyons pas naïfs mais sincèrement j’ai plus été touchée par son talent d’écrivain que par le reste.
Concernant l’égocentrisme, de toutes façons les artistes qui produisent une œuvre publique le sont tous, j’en suis persuadée. Au moins elle a l’honnêteté de dire que c’est son histoire et pas de jouer à : “vous savez, la vie m’inspire, je m’installe à une table de café et je regarde les gens vivre, c’est passionnant”.
Et à propos du côté thérapeutique, voir mon comm’ précédent ;-)
pas lu, je suis perplexe, ton billet et les billets dans le billet du billet dans le billet me donnent presque envie de le lire… mais, peut-etre d’abord je finit “les trésors de la mer rouge” de Gary, ou vraiment ça vaut le coup que je le laisse en attente?
ça ne me tente pas a priori, mais bon, je vais peut-être essayer le 1er ou le deuxième alors…!
flou : je sais pas j’ai jamais lu Romain Gary. Tu n’as qu’à mettre Justine Lévy sur ta liste de prochaines lectures ;-)
Sylvie : l’intérêt des deux premiers c’est qu’ils sont sortis en poche.
Tout ça aurait tendance à me donner envie de le lire !
Je ne sais pas si ses livres lui servent de thérapie (elle le dit peut-être) mais au moins elle a le mérite de savoir écrire un livre, et bien (d’après les critiques), ce qui n’est pas donné à la plupart des gens connus qui nous servent leur biographie insipide. Et qui, la plupart du temps, se font largement aider pour le faire.
Elle a un talent pour l’écriture et elle réussit à en vivre (apparemment) alors tant mieux pour elle.
Et moi, perso, ça ne me dérange pas si ses bouquins lui servent de thérapie. En tant que lectrice, je ne vois que mon intérêt qui est contenté ou pas par ce que je lis. Et puis, on ne nous met pas le couteau sous la gorge pour les lire leurs livres, aux people ? Au moins, ils font marcher le monde de l’édition !
Céline : tiens d’un coup je me demande ce qui marche le mieux, les bouquins genre “Miette” de Loana ou ceux de Justine Lévy ;-) Pas de méprise, je ne les compare pas hein !
Je crois que tout écrivain écrit un livre avec le “matériel” qu’il a en sa possession. Après que ce soit très ou peu autobiographique, peu importe… Et comme je ne regarde pas les actualités des “people”…
J’ai lu son 1er bouquin, sans savoir qu’il s’agissait de Carla (pour te dire!!!!) et je l’ai bien aimé.
Ah ben oui, vu sous cet angle… !
Au moins, Justine Levy, on peut penser que c’est pour son talent qu’on achète ses livres. Enfin, ceux de maintenant, parce que celui où elle traitait du piquage de son mec par une dame déjà bien médiatique, même s’il était très bien écrit, a dû aussi attirer un public de “voyeurs” (sans méchanceté aucune, moi aussi j’aime bien les potins, mais de là à acheter un bouquin à 20€).
Le journal de Chrys : ahahah j’adore ! Ceci dit si on ne le sait pas en effet, son nom n’est pas cité. Mais effectivement ça avait fait beaucoup de bruit au moment de sa sortie.
Céline : mais elle n’en a fait que 3 en fait ;-) Ceci dit là c’est un cadeau mais j’achète rarement l’édition originale, en général, j’attends la sortie en poche (moins cher).
Nicolas Rey c’est un peu le Beigbedder n°2 ! Si tu vois ce que je veux dire. J’ai lu Mémoire courte, ça ressemble beaucoup à L’amour dure trois ans de Beigbedder.
Ce n’est pas vers ce style de livres que mon cœur penche habituellement, mais pourquoi pas, celui-ci me tente tout de même !
FaFa : oui je vois bien qui c’est. J’ai jamais lu Beigbeder en fait, jamais eu trop envie…
Kahlan : ce qui est bien avec la littérature c’est qu’on a un vaste choix ;-)
Je n’aime pas les gens qui mettent leurs tripes sur la table. Ce n’est pas un choix intellectuel, ni littéraire. C’est subjectif et arbitraire de ma part. Ce type d’attitude me met mal à l’aise.
Après, je dois reconnaître que j’ai lu une ITW de Justine Lévy (je crois que c’était dans Elle) et j’ai été sensible à ce que tu signales : l’absence de complaisance à l’égard d’elle-même.
Tiens… moi d’emblée ça ne m’intéresse pas du tout ce genre de livres… mais j’aime être surprise !
Madame Kévin : c’est drôle moi je n’ai pas eu l’impression qu’elle s’exposait, mais plus qu’elle essayait de se dissimuler derrière les mots.
Juliette Rigby : en fait je me rends compte que mon billet prête à confusion… C’est un roman et c’est ça qui m’intéresse, pas une confession de people.
Avec tout le bien que tu en dis, j’aurais presque envie de le lire, mais la vie est courte et j’ai tendance à privilégier les romans non-autobiographiques, surtout quand il s’agit de notre époque (de gros voyeuristes).
Bon, un livre à rajouter dans ma liste des trucs à lire (argh, elle est si longue que ça…)
Même si à la base, je trouve que les romans autobiographiques/personnels sont génants. Le mélange entre le réel et l’imaginaire me perturbe, car on ne sait plus bien ce qui est quoi. Personnellement, j’aime bien savoir si je lis une (auto)biographie, ou un roman. Le cocktail des deux me laisse un goût souvent désagréable, de quelqu’un qui montre ses blessures tout en donnant l’impression de de les cacher. Je me sens un voyeur involontaire, malgré moi et quelque peu manipulé. Et cette sensation ne me plait pas.
L’armadio : c’est drôle, le fait que ce soit autobiographique ne m’a pas gêné. Je l’ai lu comme un roman finalement, sans me poser plus de question.
BB : et que penses-tu de ceux qui écrivant un “roman” sans spécifier que c’est en réalité très inspiré de faits réels ? La littérature est truffée de plein “d’emprunts” de ce type.
Je pense à Amélie Nothomb et “Stupeur et tremblements” notamment.
@bulles
Si je ne le sais pas, cela ne me gène pas, forcément :)
Concernant le cas précis d’Amélie Nothomb, j’ai lu le bouquin en question, et je l’ai pris comme une quasi autobiographie, mais pas si “impudique” que cela.
Peut-être le fait que celui d’Amélie ne parle globalement que d’elle me gène moins que celui de Justine qui parle d’elle et les siens.
Bon, ce n’est pas forcément très cohérent…
Je suis d’accord avec toi Bulles que dans toute histoire, il y a forcement un peu de l’auteur. Le fait qu’il soit écrit à la première ou troisième personne ne change pas forcement grand chose. Un bouquin comme “auto-analyse” ne me dérange pas, je peux même prendre plaisir à le lire, si je me retrouve dans les réflexions de l’auteur par exemple.
Ce que j’attends d’un livre, c’est essentiellement qu’il me transporte dans un autre univers et qu’il m’offre des jeux de mots ou des associations d’idées assez inattendues. J’avais aimé le “Rien de grave” pour son écriture et son franc parler, mais, je n’arrivais pas à m’évader vers cet autre univers, car cette Carla était trop présente en filigrane. C’est la ou pour moi le coté « people » a quelque chose de gênant : j’aime m’imaginer mes personnages. Si certains d’entre eux sont médiatisés, cela gâche un peu la chose. Du coup, ca ne m’a pas donné envie de poursuivre l’aventure avec Justine.
BB : oui car Amélie Nothomb est bien bizarre dans son genre aussi ;-)
louisesoon : c’est vrai que je l’ai lu récemment finalement “Rien de grave” et du coup, la polémique “Carla” qui avait accompagnée la sortie du livre était un peu passée. Je savais que c’était elle mais elle ne m’a pas encombré plus que ça, je l’ai laissé à sa place d’objet littéraire. Mais effectivement je vois ce que tu veux dire, j’ai eu plus de mal avec le personnage de Raphaël.
J’arrive après la “bataille”, après tous les com des autres comme d’hab… mais moi il me tente bien ce livre. j’ai lu une interview de Justine Levy dans la presse, et elle parlais sans détour, sans fioritures, sans de la jouer… Je ne suis pas du tout contre les livres autobio… Parler de ce qu’on vit ou qu’on a vécu à travers un livre, et le faire avec talent, c’est toujours instructif. je ne le vois pas comme du voyeurisme… Bref je ne me pose pas de questions, si le livre est bien écrit et le contexte intéressant, ça me va !
Isa Jones : en tout cas, je constate que chacun a un avis tranché sur la question, c’est intéressant. Ca en dit long aussi sur la façon dont on aborde la lecture je trouve.
Tu me donnes envie de replonger le nez dans un bon bouquin, ça fait une éternité…
Après la Mauvaise Vie de l’autre, voici la Mauvaise fille de Justine. J’ai lu Rien de grave par pur voyeurisme, je n’étais pas du tout tenté par Mauvaise fille, mais si tu le conseilles …
Anaïk : avec tout ce que tu entreprends, je comprends que tu n’aies pas trop le temps de bouquiner en plus !
M1 : bon en même temps si tu n’es pas du tout tenté… ne te force pas !
Un bon Teasing ton billet ;-)
J’ai lu pleins de critiques plutôt positives sur ces 2 livres et pourtant je n’ai pas trés envie de les lire … bizarrement, le côté exhibitionniste du premier m’a pas mal rebuté et du coup j’ai un a priori plutôt négatif vis à vis de cette auteur.
Gare au Gorille : ravie de te revoir ici !
Isa : je te comprends, moi aussi c’est la sensation que j’avais au départ, jusqu’à ce qu’on me mette le livre dans les mains. Et du coup, j’ai changé d’avis, enfin du moins je me suis faite ma propre opinion.