“Quitter le monde” de Douglas Kennedy
Un nouveau roman de Douglas Kennedy, c’est un peu comme un nouveau film de Woody Allen pour moi : à consommer d’urgence. Autant vous dire que la semaine passée a donc été faste.
La dernière fois, Douglas Kennedy nous avait laissés aux prises avec une histoire surnaturelle pas vraiment convaincante.
Pour Quitter le monde, l’écrivain revient à son triptyque favori : une vie ordinaire qui bascule, une descente aux enfers et une résurrection – pas d’inquiétude, je ne vous ai pas dévoilé la fin de l’histoire !
Quitter le monde, c’est l’histoire de Jane Howard qui, le soir de ses 13 ans, annonce à ses parents déchirés qu’elle ne se mariera jamais et n’aura pas d’enfant.
Quinze ans plus tard, Jane est un brillant professeur de littérature à Boston, elle a rencontré l’amour et est mère d’une petite Emily. Trop beau pour durer. Le destin la frappe dans ce qu’il a de plus cruel pour une mère. Jane décide alors de se retirer du monde, mais ce monde va lui résister de façon provocante.
Cette fois-ci, je me suis régalée à la lecture de ce roman. Intrigue psychologique puissante et atmosphère étouffante et personnages atypiques décrits avec une précision réjouissante, c’est comme ça que j’aime l’écriture de Douglas Kennedy !
L’auteur a choisi de se glisser dans la peau d’une narratrice et j’avoue qu’il réussit cela à merveille. Je me demande souvent comme un homme peut à ce point s’immiscer dans la psyché féminine.
Quitter le monde est aussi une sorte de road movie à travers l’Amérique. Ce retour aux sources fait du bien au style de Kennedy : il n’est jamais aussi bon que dans cette ambiance roots aux côtés des paumés et des laissés pour compte.
En filigrane de cette épopée, il y a une trame plus sociale. L’exemple de ceux qui peuvent s’élever en partant de rien en Amérique. Voulant sans doute signifier l’ascension sociale de Jane, le roman est truffé de références littéraires pas toujours très accessibles mais qui reflètent la complexité de sa pensée.
Si le cliché du « ici tout le monde a sa chance » a vécu, Douglas Kennedy rend tout de même hommage au système universitaire américain. En revanche, les universitaires, eux, en prennent pour leur grade dans ce qui semble être un règlement de compte personnel.
Un bémol pourtant dans la construction de l’intrigue : certains personnages prennent une place prépondérante au début du roman avant de disparaître un peu trop facilement. Dommage que Douglas Kennedy ne se soit pas donné la peine de refermer tous les tiroirs de son histoire.
Pour finir, je dirais que Douglas Kennedy n’a pas son pareil pour distiller des atmosphères particulières et des sentiments forts. Ici, la colère et la tristesse l’emportent. Même en refermant le roman, on en est encore imprégné.





J’ai lu presque tous les livres de Douglas Kennedy. Celui-ci a l’air d’être particulièrement “noir”. J’aime Kennedy pour les raisons que tu dis :
- des personnages qui ont une vraie épaisseur et une ambigüité
- toujours beaucoup de précision pour rendre compte du contexte social.
Génial ! Un nouveau Douglas Kennedy ! Je suis une grande fan, je les ai tous lus ! Contente qu’il en ai de nouveau écrit un parcequ’avec “La femme du Vème” j’étais carrément restée sur ma faim, il n’est vraiment pas terrible !! En revanche, j’ai dévoré et adoré son “cul de sac”, grandiose ! Et tous les autres ! Tous aussi prenant les uns que les autres ! La grande question maintenant c’est : est ce que je saute dessus maintenant ou est ce que je me le réserve pour le savourer en vacances ?? That is the question… very existentielle s’il en est !
Je suis à la recherche de livres pour l’été, et celui-ci m’a l’air tout indiqué ! Je n’ai jamais lu Kennedy, mais tu en parles si bien que ça donne envie…
C’est bizarre, c’est un auteur que je n’arrive pas à mémoriser, à savoir que je ne sais finalement pas si j’ai un jour lu un livre de lui. Avant je faisais beaucoup moins attention aux noms des auteurs, c’est sans doute pour ça…
Ma pile de livres à lire s’amenuise, celui-ci me parait intéressant.
Madame Kévin : je te confirme, c’est bien noir ! Je pense que tu devrais aimer.
C. : “Cul de sac” était grandiose mais il n’en a jamais refait un aussi trash, c’est un ovni dans son œuvre mais j’adore ! Garde-le pour les vacances ;-)
BSG : le truc c’est qu’il n’est pas encore sorti en poche pour l’été.
Black panther : moi souvent ce sont les histoires que je mélange. Quand j’aime un auteur, j’engloutis tout ce qu’il a écrit et ensuite je suis incapable de me remémorer de certaines histoires en particulier…
Je prends note ! Pour quand j’en aurai marre de tricoter !
Tiens tiens tiens, j’irais bien me l’acheter!
Célinette : tu tricotes ? quoi ?
L’armadio : tiens te voilà !! héhé
Tiens, ce dont tu parles ici m’a fait comprendre pourquoi j’aime Douglas Kennedy tout comme j’aime John Irving.
Les deux, chacun dans leur genre, utilisent des thèmes récurrents. Bon, chez Irving, c’est les ours, la Nouvelle-Angleterre, la guerre du Vietnam, des femmes souvent exceptionnelles et des hommes non moins souvent inconsistants, une histoire singulière sans grands rebondissements.
Chez Kennedy, sans parler de ses polars qui sont de vrais bijoux, dans la plupart des histoires qu’il raconte il y a la vie domestique et ses déboires, des femmes qui luttent contre l’ordre établi, comme tu le dis si bien, des destins qui virent radicalement de bord et, pour peu que l’histoire prenne les allures d’une saga sur des décennies avec l’Histoire américaine, le Maine ou New York en toile de fond, je jubile !
Quand je lis l’un ou l’autre, j’ai toujours l’impression d’enfiler de bonnes vieilles charentaises confortables. Détente assurée !
Bref, merci pour cette critique, je cours l’acheter ! Ce dernier me fera sûrement oublier que depuis 2 ans je traîne à finir 5 bouquins à peine entamés…. rhaaaaaaaaaa !!
La mère Minos : damned je n’ai jamais lu John Irving mais si tu dis que le plaisir à sa lecture est comparable, je dois m’y mettre ! Ahlala si je n’avais pas lu le dernier Kennedy, tu m’aurais convaincu de le faire, c’est tellement ça !
Je suis sûre que celui-ci tu vas parvenir à le finir et plus vite que tu ne le penses…
Si ça te dit de lire du Irving, je te passe ma collec’ quand tu veux !
On peut faire un troc Irving / Kennedy.