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Femmes en herbe

26/03/2009
par bullesdinfos
Brenda et ses potes dans les 90's

Brenda et sa bande dans les early 90's

Avez-vous remarqué comme les jeunes filles sont stylées ? Je me suis encore fait la réflexion l’autre jour en passant devant un lycée : cheveux longs parfaitement coiffés, jeans impeccablement portés par des corps ultra minces, petits sacs ad hoc, talons hauts… Elles ont quoi à tout casser ? 15-16 ans ?

Plus tard, j’en recroise une : blouson de cuir ajusté, sautoir parfait, mèche plaquée sur l’œil… so rockn’roll, on dirait une mini Kate Moss. Une autre porte un sac Vanessa Bruno à paillettes. Alors certes ce n’est pas le it bag de l’année mais moi à son âge, je n’aurais jamais pu m’offrir un tel sac. Ni même en avoir l’idée à coup sûr.
Elles ne recherchent visiblement pas l’originalité ces filles, ne prennent aucun risque fashion, sont toutes calquées les unes sur les autres mais quelle assurance tout de même dans leur façon d’exhiber leur féminité !

Quand j’empruntais la ligne 9 pour aller travailler, des grappes entières d’adolescentes entraient bruyamment aux stations desservant les beaux quartiers. Coiffures sans un faux pli, maquillage étudié, manucure impeccable, sac Darel, escarpins… bref panoplie de trentenaires accomplies. J’avoue, j’étais sous le choc ! Moi justement la trentenaire soit-disant accomplie qui sort le cheveu rarement coiffé (oui mais c’est un genre) et mets des talons tous les 29 février.
Et puis ce n’est pas qu’une affaire d’argent parce que sur la ligne 13 versant nord elles sont pareilles les minettes. Elles portent avec aplomb leurs faux sacs Dior, leurs pantalons moulants et leurs bottes sexy.

Qu’on ne s’y méprenne pas, je ne suis pas en train de leur jeter l’opprobre. Je suis juste soufflée par la vitesse avec laquelle la jeunesse mue. Je me souviens qu’au même âge, j’étais un vrai bébé ! Au collège, je portais encore des nattes. Au lycée, j’étais attifée comme l’as de pique et rien que l’idée de sortir en jupe me terrifiait. Mon look déclinait le jean sous toutes ses formes. Bon il faut dire que la mode de l’époque n’était guère flatteuse mais je me souviens que certaines assuraient pas mal quand même. Elles sortaient d’ailleurs du lot. Dans chaque lycée il y avait une star non ? Mais cela restait une minorité.

Aujourd’hui j’ai l’impression que toutes ces femmes en herbe maîtrisent parfaitement les tendances. Et qu’elles en usent sans complexe. Tiens puisqu’on en parle, où sont leurs complexes au fait ?  Normalement elles devraient être en pleine période homard non ? Fesses en pleines croissances, gros nez, acné envahissant, cheveux gras… Et bien non ! Elles ne grossissent pas, entretiennent leur peau et leurs cheveux et savent choisir leurs fringues.

Bien sûr le piège est que parfois leur enveloppe extérieure est peu en adéquation avec leur maturité réelle. Il m’est déjà arrivé de me heurter au regard vide d’incompréhension d’une jeunette de 16 ans à qui je parlais comme si elle avait les 25 qu’elle semblait afficher. Comment font-elles cohabiter ces attributs d’une extrême féminité avec les regards troublés de certains hommes ?

Version relookée 2008

Version relookée 2008

D’où vient ce jeu avec leur image ? Des magazines féminins ? De la télé ?
La révolution numérique n’y est pas pour rien je pense. Il n’y a qu’à voir les blogs de mode qui prolifèrent, tenus par des jeunes filles au goût très sûr qui n’hésitent pas à se mettre en scène, comme celui de Tavi, 12 ans au compteur (quoique depuis le temps qu’elle a 12 ans, elle a dû vieillir elle aussi…).

Des fois je me dis intérieurement que si un jour je devais avoir une fille, je ne sais pas comment je gèrerais ce débordement de féminité que je n’ai connu, à cet âge-là, qu’en rêve sans finalement passer à l’acte. Avec admiration ? Avec jalousie ? Je ne sais…

19 commentaires leave one →
  1. 26/03/2009 08:48

    Très bon choix de photos qui illustrent parfaitement le décalage entre « notre époque » et la leur. Et encore… je crois me souvenir que dans Beverly Hills « de mon temps », les filles étaient déjà bien sexy. Ce qui est sûr, c’est qu’en 20 ans les jupes ont raccourci d’autant ! (tiens, j’ai l’impression d’entre parler ma mère…)
    Tu as raison de souligner le rôle des parents dans cette débauche d’artifices. Il n’y a pas qu’eux, mais ils sont parfois à la source du problème… à présent, mères et filles ont souvent la même panoplie et se l’échangent volontiers. Tiens, je crois me souvenir qu’une enseigne telle que Comptoir des cotonniers a basé sa communication sur ce concept. Les filles ont changé car les mères ne sont plus les mêmes. Beaucoup plus copines, ayant peut-être un peu de mal à assumer leurs années… C’est difficile de juger tant que l’on n’a pas été dans la même situation. Chacun a ses limites, pour ma part, la mienne c’est le string à 12 ans et le sac Motorcycle de Balenciaga à 15 ans (un sac à 1200 euros…). 2 des 18 pages d’interdits que je fixerais volontiers à ces petites insolentes ! :-)
    Ah ma bonne dame… il n’y a plus de jeunesse… et je me sens bien vieille tout d’un coup.

  2. 26/03/2009 10:01

    D’accord avec Annabel, les photos sont cruellement parlantes ! (Ouh le jean de Brenda,qu’est ce qu’il pique les yeux !!). En revanche, au delà du fait que je me demande comment font ces gamines tant au niveau du style (le mien au même âge approchait celui du niveau de la mer), qu’au niveau de l’argent pour se payer des fringues pareilles (qu’est ce que j’ai ramé pour que ma mère veuille bien m’acheter un sac Chevignon pour la rentée !), c’est le regard des hommes sur ces petites nanas en herbes qui me pose pb. Pour avoir vécu l’expérience avec la fille d’amis (du même âge que nous) âgée de 13 ans mais qui en paraît 22, ben c’est assez glauque. Et pas facile de l’explique à ladite fillette ;-) ! J’ai peur qu’elles ne sachent pas à quoi elles s’exposent… Alors, hormis signer les 18 pages d’interdits copiés sur Annabel, ou la forcer à se trimbaler avec un sautoir-pancarte autour du cou indiquant « attention, je n’ai pas l’âge que je parais faire ! » et bien… j’espère avoir un garçon ;-) !

  3. 26/03/2009 10:03

    Ben moi je la jette un peu l’opprobre. Je ne sais pas comment elles vont évoluer ces filles. Comme tu dis, leur physique n’est pas en adéquation avec leur maturité, et ça donne un mélange étrange.
    Et puis, au risque de faire vieillote, à cet âge là, elles n’ont pas d’autres centres d’intérêt qu’elles mêmes ?
    Je pense que des filles comme Tavi sont un cas à part, c’est comme le gamin du post de l’Armadio d’hier, ils restent des enfants, qui aiment jouer avec les vêtements, inventer de nouveaux styles comme on inventerait un nouveau déguisement. Les filles d’aujourd’hui, et tu le dis très bien, elles ne prennent aucun risque, suivent impécablement la tendance actuelle.
    Ce qui veut dire que ce n’est pas un sens créatif exacerbé que nous n’aurions pas eu à cet âge là, c’est vraiment un mouvement de masse des jeunes filles d’aujourd’hui.
    Je ne sais pas non plus comment je pourrais gérer ça avec ma fille, à part en essayant de l’ouvrir à des activités qui n’impliquent pas qu’on ait envie de mourir pour le dernier Vanessa Bruno…

    Ah oui : Et pourquoi moi j’ai eu droit à une méga acné et pas elles? :)

  4. 26/03/2009 11:12

    Annabel : oui c’est vrai que les films de Beverly Hills me paraissaient sexy à l’époque… dément non ? Cela souligne aussi le désœuvrement vestimentaire dans lequel j’évoluais (qui a dit « comme aujourd’hui » ???).
    Sinon c’est vrai que les mères ont évolué et qu’avec des campagnes comme celles de Comptoir qui joue à fond l’ambiguïté sur les rôles il y a de quoi perdre ses repères. Ceci dit pour être honnête ce concept de mères-filles copines m’a toujours mise un peu mal à l’aise… sans doute le fruit de mon éducation où les limites et les rôles étaient clairement définis.

    C. : oui ce jean waow ! Aussi beau que le jean mum vu chez Bonnie récemment. Je me suis aussi posée la question de l’argent parce qu’ok il y a H&M et Zara mais quel est leur budget fringues ?

    Eve G. : je ne sais pas quels sont leurs centres d’intérêts et puis je ne veux pas trop généraliser… je ne peux pas comparer avec mon époque, ça a tellement changé (ouhouh la vieille !).
    Lorsque j’étais ado, l’originalité n’était guère de mise en général mais effectivement c’était plus jean et basket et pas talons de 10 et slim…

  5. 26/03/2009 12:32

    Article très juste qui évoque en creux (sous la couche de sapes je veux dire) plusieurs sujets, dont cette question : est-ce être réac que de s’attacher à une forme de morale ? Ou est-ce juste devenir vieux ? Con ? Etre réac, c’est devenir vieux et con, c’est ça ??? Parce qu’on peut être jeune et con, ça oui, une chanson l’a dit.

    Pendant mon running de samedi, j’ai croisé une petite de 13 ans et j’ai été saisie par son style. Rien de provocant pour la peine. Elle faisait de la trotinette, avec le style parfait : slim gris, t shirt loose, cheveux aux vents et surtout un genre de fausses way farer avec une branche jaune fluo et l’autre verte fluo. Une dégaine du tonerre. J’avais envie de m’arrêter pour faire mon premier street style avec l’iPhone. mais j’étais trop bien lancée et j’avais un peu hont ;-)

  6. 26/03/2009 13:46

    Comme dit Eve G, Tavi et Arlo (mon gamin d’hier) sont plutot portés sur le jeu et le coté artistique de la chose. Bon, le petit Arlo est un peu trop petit, mais il ne suit pas la mode! Et Tavi n’essaie pas de plaire aux garçons! Je pense que ce point est essentiel parce que les lycéennes au contraire n’on qu’une idée en tete. Ce qu’elles ne savent pas, c’est qu’elles attirent le regard des hommes autant que celui des garçons, berk!

    Cela dit elle sont plus belles que nous au meme age, la photo de Brenda & co en est la preuve!

  7. 26/03/2009 15:28

    Bonnie : je confirme, on peut être jeune et con… aussi. En effet, pas facile de s’arrêter pour prendre en photo des petites filles de 13 ans, même si tu n’es pas un vieux dégueulasse…

    L’armadio : tu as raison, ce qui joue beaucoup c’est la finalité de l’habillement. Peut-être est-ce pour cela que ces jeunes filles « tapageuses » agressent notre regard ? C’est sûr quand dans le lot, j’en vois rarement avec une vraie touche perso, ce qui fait toute la différence. Comme quoi je n’aurais peut-être pas dû dire qu’elles étaient stylées…

  8. 26/03/2009 15:30

    Ouh la la ! Que dire sur ce sujet ! J’ai rien trouvé de moins banal que : des générations ont passé depuis notre époque, la société évolue !
    Je me souviens qu’au collège, c’était encore maman qui s’occupait de ma garde-robe et ma fois, je n’avais pas grand-chose à redire. Ce n’est qu’au lycée que j’ai eu droit de pouvoir choisir des habits moi-même dans le catalogue de la Redoute !
    Quant aux minettes dans la rue de nos jours, je ne fais pas vraiment attention à leur accoutrement. Je bloque juste un peu quand je vois des jupes trop courtes, des strings qui dépassent (là, j’ai vraiment beaucoup de mal à comprendre) ou des baggies qui descendent sous les fesses pour les garçons (ça ressemble vraiment à rien, faut le dire).
    Dans 10 ans, quand ma p’tite sera ado, peut-être que les jupes commenceront à rallonger ! Moralité : ça ne sert à rien que je me face du souci dès maintenant !

  9. 26/03/2009 15:45

    Tu as dit « stylées » parce que comparées à nous au meme age, ben oui, elles sont stylées.

  10. 26/03/2009 18:07

    Cécé : la voix de la raison avec ta morale de l’histoire. Moi j’ai toujours tendance à anticiper les emmerdes ce qui est très bête vu que j’ai même pas de fille. N’importe quoi !

    Merci l’armadio de ton explication de texte :-)

  11. Anne-So lien permanent
    27/03/2009 07:28

    Je ne peux qu’adhérer avec cette observation ! Quelle « injustice » aussi, ces minettes qui font trentenaires chics, alors que les trentenaires justement qui croûlent sous le poids des responsabilités (gamins en bas âge, boulot harassant, conciliation de tout ça..) n’ont souvent pas l’énergie nécessaire pour veiller de si près à leur apparence !!
    Sinon, ayant fait mon lycée en province puis ayant commencé ma vie active à Paris, je me demande si cette différence géographique n’accentue pas le décalage. Dans les années 80, les minettes parisiennes étaient peut-être déjà chics, contrairement aux provinciales ?
    Mais bon, je m’étais déjà fait la même réflexion que toi en voyant mes photos de lycée et mon uniforme « pull en laine, tshirt, jean », je n’osais jamais le moindre tout petit décolleté (mais aucune nana à l’époque en fait, sauf les hyper-audacieuses ! Alors que je fais vraiment attention à mes fringues aujd, c’est même un grand plaisir…

  12. 27/03/2009 13:30

    C’est sans doute un phénomène assez parisien, mais pas seulement. Si c’est assumé avec une certaine distance et un avec un aspect ludique, je trouve ça plutôt réjouissant. En revanche, si c’est, comme je le crains dans certains cas, une course au formatage et à la normalisation de la pseudo « femme parfaite » bien dans le moule, ça m’afflige.

  13. 27/03/2009 15:02

    Premier comm sur le blog…
    Ton article me parle vraiment ! J’approche de la trentaine, mais quand je croise des « jeunes » dans la rue (et m… je croyais que je l’étais encore, jeune) j’ai l’impression d’avoir 60 ans.
    Je pense qu’il y a également une responsabilité parentale, pas à 16 ans, mais à 12 certainement, et quand je vois des gamines de 12 ans sexy, je bondis !
    Le phénomène se retrouve aussi chez les garçons, que l’on croise en bande, jean slim, et cheveux devant les yeux, je suis aussi effarée, heureusement le temps que mon fils devienne adolescent, les choses auront évolué…
    Elle est loin l’époque des chemises à carreaux en polaire genre bucheron…

  14. 27/03/2009 20:23

    Anne-So : je ne me rends pas du tout compte si le fait d’être à Paris ou pas faisait un grande différence. Aujourd’hui je ne pense pas. Enfin on retrouve sûrement des micro différences selon les quartiers, Paris intra muros ou banlieue…

    Frieda : tu as raison il y a un aspect formaté un peu dérangeant dans tout cela.

    ElleaO : bienvenue ! Exact je n’ai pas parlé des garçons mais j’ai été tout aussi épatée de les croiser en jean slim, Zizi Repetto et mèches dans les yeux ;-)

  15. 01/04/2009 17:44

    hop je ne peux m’empécher d’intervenir, en me demandant comment seront mes filles dans dix ans.

    Cependant, plusieurs remarques rien que sur les photos:
    La première, on a un groupe de copains soudés avec des parents. Genre photo de famille.

    La deuxième, c’est une mise en scène de personnes qui posent chacune quasiment indépendamment.

    La première nous avons des ados et des gens qui donnent l’impression de vouloir être « sympas », la deuxième des ados qui veulent en mettre plein la vue.

    Toujours sur ces deux photos, on a l’impression que les filles font 10 cm de plus et 10 kgs de moins maintenant qu’avant. Cela fait bien, le vêtement tombe mieux, mais cela fait surtout anorexique (si mes souvenirs sont bons, certaines actrices de la série se sont faites rappeler à l’ordre par les producteurs avec poids minimum à respecter).

    Enfin concernant le quartier, en passant devant un lycée à Neuilly pour aller en formation il n’y a pas longtemps je me suis justement dit que les minettes étaient extrèmement sophistiquées par rapport au lycée pas loin de chez moi, et encore plus par rapport à au autre devant lequel je passe en allant au boulot.
    Le milieu et les moyens financiers jouent quand même pas mal.

  16. 01/04/2009 18:45

    Mais il faut mettre son grain de sel BB c’est fait pour ça !
    Tes remarques sont très judicieuses concernant le décalage des photos selon l’époque et ce qu’elles nous disent.
    Effectivement je suis passée dans un quartier très huppé aujourd’hui et effectivement je me suis encore fait la remarque que les codes féminins y étaient encore plus exploités par les ados qu’ailleurs.

  17. 12/04/2009 16:32

    Beaucoup de choses intéressantes sont dites (articles et commentaires). Je suis troublée également par le « jeu » de la mode des ados et leur « Consommations » en tous genres. J´habite en Allemagne et les choses sont à peu près les mêmes…sauf peut être avec le phénomène des filles extrêmement sophistiquées des bô quartiers. Ils connaissent moins ce phénomène-qui reste finalement tellement parisien. Ce qui me choque le plus, est cette non possibilité du plaisir de pouvoir grandir en douceur: ressentir des émois amoureux peu à peu, gagner une bataille en ayant le droit de choisir sa première paire de chaussures, etc…
    Les parents sont (c´est juste ma pensée)assez à l´ouest en ce moment; ils fabriquent des jeunes uniquement satisfaits en consommant(objets et personnes), qui seront sûrement rattrapés par une réalité bien plus terre à terre. Et puis, qu´à t´on fait de si génial à 15 ans pour s´acheter un sac à 1500€? Faudrait qu´on m´explique. J´ai 30 ans et ne suis pas aigrie, mais je suis triste de remarquer que cette génération sur-informée manque de « Fond » humain.

  18. 12/04/2009 18:19

    Merci Cerises et Fraises et bienvenue ici !
    Ce que tu dis est extrêmement juste, ça me fait penser à un éloge de la lenteur… que l’on a tendance à souvent oublier.

  19. 14/04/2009 17:12

    Merci de toute ta gentillesse.Par contre, je devrais m´appliquer cette éloge de la lenteur à moi-même (encore aujourd´hui!), car quand je vois le nombre de fautes que je peux faire parfois, j´ai un peu honte!

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