Chère Isabelle
J’ai visionné l’interview qu’a accordée Isabelle Adjani à l’émission Sept à Huit. J’étais très curieuse car on parle beaucoup du film La journée de la jupe de Jean-Paul Lilienfeld que j’ai loupé sur Arte l’autre soir. L’actrice est en promo et pour une fois la presse est dithyrambique à son sujet car il parait qu’elle est tout simplement bluffante dans le film. Loin des “inaccessible”, “mystérieuse”, “compliquée”, on nous dit qu’elle se livre comme elle ne l’a pas fait depuis longtemps.
Donc j’ai vu cette interview télé. Et j’ai été touchée par la grâce d’Isabelle. Pourtant je n’étais pas la dernière à me moquer il n’y a pas si longtemps. Mais là, il s’est passé quelque chose.
J’ai lu il y a quelques temps sur un autre blog (pardonnez-moi à l’avance, je ne me souviens plus lequel), que tout une génération de jeunes gens n’a aucune idée de quelle grande actrice est Isabelle Adjani. Elle le dit d’ailleurs elle-même, notamment dans le Elle de cette semaine, que ses partenaires de La journée de la jupe ne la connaissaient. Et cela semble presque lui plaire.
Que représente Isabelle Adjani pour ceux qui ne l’ont jamais vu dans un film ? Un vague clash people avec Jean-Michel Jarre, des pubs Lancel pas forcément flatteuses, un visage qu’elle ne laisse pas vieillir en paix…

Pourtant tout avait bien commencé. La Comédie française, Pinoteau, Truffaut…
J’ai essayé de me souvenir à quel moment cela a dérapé dans l’inconscient collectif. Bien sûr il y a eu cette immonde rumeur à la fin des années 80.
Bien avant, il y avait aussi eu cette grève des photographes déposant leurs appareils à ses pieds à Cannes.
Les Unes de Paris Match un peu trop grandiloquentes. Où étiez-vous Isabelle ? J’aimais !

J’ai cherché d’autres souvenirs plus personnels qui me rattachent à elle. Le premier, L’été meurtrier dont la violence m’a longtemps terrifiée. Je crois que je l’ai vu trop jeune. Mais je me souviens d’Isabelle magnétique et sexuelle.

Ensuite Subway que j’avais adoré. Elle m’avait subjuguée : sa beauté, sa coupe iroquoise, son insoumission…

L’histoire d’Adèle H, la Gifle, Clara et les chics types…
Et puis l’épisode musicale Pull Marine bien sûr et Ohio.
Les mastodontes Camille Claudel et la Reine Margot.

Adjani, sublime en princesse orientale (et déjà un peu épaulée Balmain non ?), déclamant un extrait des Versets sataniques aux César alors que Salman Rushdie vient juste d’être frappée d’une fatwa.

Des navets comme Toxic Affair ou Ishtar.
Et puis son engagement pour la liberté en Algérie. Des prises de positions politiques répétées et assumées. D’aussi loin que je me souvienne, Isabelle Adjani a toujours eu cette conscience. Et malgré toutes les poses de divas, c’est pour moi notamment ce qui la différencie d’une Sophie Marceau. J’aime les gens qui ont des convictions.
Je l’ai vue au théâtre il y a quelques années dans La dame aux camélias où par un drôle de hasard je me trouvais placée au premier rang. J’étais tétanisée. Je me souviens avoir senti alors son parfum. Je ne m’y attendais pas, c’était impressionnant de sentir un mythe.
Alors quoi au finale ? Elle est incohérente ? Exaspérante ? Trop fragile pour ce métier ? Hier chez Denisot elle expliquait que tous les qualificatifs dont on l’affuble sont finalement les traits de caractères de ses personnages. Bien sûr, elle a sa part de responsabilité dans cette (mauvaise ?) gestion d’image.
Peu importe, ces jours-ci, je l’ai redécouverte. Elle m’émeut quand elle parle de son père, nous rappelant que son deuxième prénom est Yasmina. Je me sens proche d’elle quand elle raconte que plus jeune dans sa banlieue, elle rêvait d’ailleurs.
Elle assume avoir voulu s’occuper ces dernières années de son plus jeune fils, elle explique ne pas pouvoir travailler lorsqu’elle est en deuil (je crois qu’elle a pris soin de sa mère), elle dit qu’elle n’était pas prête lorsqu’on lui a proposé une carrière américaine, qu’elle n’a pas su saisir sa chance… Elle ? On a du mal à y croire. Elle avoue aussi ne pas se trouver terrible et ne pas se soucier de son image. Un comble non ?
Alors je me suis demandée si tout ceci n’était pas un grand malentendu. L’histoire d’une jeune fille, qui alors qu’elle voulait simplement jouer la comédie, s’est retrouvée propulsée au rang de star. Et qui n’a pas su s’en dépêtrer.
Du coup je pense que je vais aller voir La journée de la jupe au cinéma.





J’ai vu quelques interventions de la dame, ces derniers temps.
Elle est très attachante. Mais je ne suis pas convaincue.
Certes, j’aime ses prises de position, son côté border-line souvent… mais j’ai du mal à penser que tout est naturel (et je ne parle pas de son physique. Personne n’est jamais à l’abri d’un coup de bistouri) ou le résultat d’un grand malentendu.
J’ai eu, pour ma part, cette impression que cette star, cette diva, ce mythe tentait de se racheter une conduite ou de se faire passer, encore une fois, pour quelqu’un qu’elle n’était pas. Elle est, comme ça, Isabelle Adjani, quoi qu’elle fasse, elle est insaisissable.
Autant être franche, je ne connais vraiment pas bien Isabelle Adjani, mais je ne suis pas non plus de celles qui ne la voient qu’à travers la dernière campagne Lancel (pas du tout flatteuse au demeurant !). Mais je trouve ton billet plutôt touchant, et tu m’as donné envie de creuser afin de cerner un peu mieux cette personnalité française qu’elle est malgré tout. Je ne saurais me prononcer qu’ensuite ;-) !
Me voici, donc ! :)
Elle s’est beaucoup gâchée, je trouve, cette Isabelle, depuis l’époque Camille Claudel. J’ai vu la journée de la jupe et j’adhère à ce qu’elle en dit elle-même : on oublie que cette prof est interprétée par Isabelle Adjani. Serait-elle, enfin, redevenue une actrice ?
Raaa, j’ai oublié d’enregistrer la Journée de la Jupe, et je crois d’ailleurs que les rediff’ ont été annulées, rapport aux exploitants de salle.
Raaa, j’étais chez des amis pendant l’interview et après avoir tenté de suivre d’une oreille, j’ai abandonné parce que ce n’est pas poli.
Conclusion : je regarde la vidéo et je reviens de suite.
Mère Minos : oui insaisissable aussi. En fait là j’ai un ressenti immédiat sur elle mais il n’est conforme qu’à ce que j’en vois à un instant précis et peut-être sans rapport avec la réalité puisqu’on sait que les médias sont comme un miroir déformant.
Difficile de toute façon de théoriser sur quelqu’un qu’on ne connaît pas. Enfin déjà elle m’a donné envie d’aller voir son film donc elle a fait du bon boulot ;-)
C. : merci c’est un joli compliment.
Frieda l’écuyère : bienvenue ici donc ;-)
Oui elle s’est gâchée indéniablement. Je ne sais pas si elle est sincère mais elle raconte qu’elle a souvent laissé passer sa chance. C’est vrai qu’avec la popularité dont elle jouissait à une certaines une époque, c’est dur à croire mais peut-être finalement… je lui laisse le bénéfice du doute.
Bonnie : oui les redif’ ont été reportées pour laisser sa chance au film en salles. Il sort dans peu de salles car il a été pas mal boudé apparemment.
Je suis revenue : effectivement, elle a l’air de baisser quelques barrières dans cette itw. Elle est dans une position difficile, je pense, coincée entre les générations : ceux qui la vénéraient pour son travail de comédienne et sa beauté ne la comprennent plus, et les plus jeunes qui la connaissent via Florence Foresti. Le moment-charnière est difficile à identifier, comme tu le dis très bien. Après Camille Claudel, je dirais oui, ça commence à partir en vrille.
Je suis contente de revoir ces photos : les Match !!! Leurs unes, c’étaient tellement ça. Avec un peu de chance, c’était Irène Frain qui tenait le stylo. Autres temps, autres moeurs : cette semaine, j’ai vu dans le sommaire un quatre pages appelé “Flavie Flament : 10 ans déjà” Je me dis “ah ouais ? 10 ans de quoi ?” 10 ans de TV, pardi. 4 pages. Je sais que Match est l’organe officiel de la comm’ de FF. Mais quand même. 4 pages. Je m’égare.
Et puis, l’Eté Meurtrier !!! Quelle bombe !!! Et Souchon !!! Irrésistible !!! J’avais une mini-jupe à volants comme elle, d’ailleurs. C’est bizarre que ça ne soit pas revenu, le volant dans le revival 80′s, tiens.
Bon, comme d’habitude je vais tout voir en retard!
Je ne sais pas ce que je pense d’Isabelle Adjani, et je suis donc en train d’écire un commentaire pour faire perdre leur temps à ceux qui le liront. Je ne sais pas car je fais partie de la jeune génération, que voulez-vous! Et j’ai beau etre filmomaniaque, je ne tombe jamais sur des films dans lesquels elle joue.
Contente que tu parles d’Adajani ! J’ai vu le film sur Arte et je ne l’ai pas regretté ! Le scénario est original et plausible (ce qui ne va pas forcément de paire). Adjani est époustanflante ! Je n’ai vu qu’elle ! Tellement vraie, tellement naturelle que tu te moques que son visage soit bien trop “tiré” pour son âge. J’ai envie de dire qu’on ne voit que son âme.
Je ne suis pas spécialement fan à la base mais là, j’ai reconnu UNE vraie actrice.
Il faut voir ce film surtout pour sa performance.
Après, la grande Isabelle peut bien être mystérieuse, tout ce qu’on veut, je retiens le positif chez elle : elle fait super bien son métier (et c’est bien tout ce qu’on lui demande) et en plus, elle a des engagements politiques et autres j’imagine. Et rien que cela en fait une personne respectable, une grande dame à mes yeux.
Elle a sûrement fait des erreurs de com’ dans sa carrière mais tout le monde n’est pas forcément à l’aise avec les médias.
D’accord avec vous, c’est une très grande actrice. Elle est givrée, si je puis dire, parce qu’elle est habitée.
Je me souviens d’une scène de La gifle, où Ventura hurle en substance sur une toute jeune Adjani “tu bouges mal, tu ments mal, tu grandis mal” avant de lui coller une sacrée mandale de derrière les fagots. Ça m’avait complètement retournée du haut de mes 13 ou 14 ans. Depuis, j’ai beaucoup de sympathie pour elle. :-)
Pour info : Isabelle a cartonné sur Arte : 10 % de parts de marché, le record historique de la chaîne.
Allez, je retourne à la Nouvelle Star !
Bonnie : j’ai eu la même réaction en retrouvant la couv’ de Match dont je me souvenais surtout du titre. Je me suis dit “à tous les coups c’est un article d’Irène Frain”.
Pour Flavie Flament, rien à ajouter pour le moment mais on y reviendra peut-être ;-)
Et Souchon oui c’est vrai aussi… quelle époque !
L’armadio : merci de ton commentaire quand même ;-)
Cécé : ah j’étais sûre que ça allait te faire réagir. Ce que tu me dis me conforte dans l’idée d’aller le voir (mais après Duplicity comme expliqué chez la Mère Minos) ne serait-ce que pour soutenir les films à petit budget. Et j’ai vu également que Arte avait explosé ses audiences.
La mère Minos : oui ouhla je me souviens de cette baffe mémorable ! Ceci dit tu as raison, givrée ou habitée, ses rôles ont souvent flirté avec la violence.
C’est vrai qu’elle a toujours eu une relation ambivalente à son métier et au milieu je pense. Je suis intriguée par ce film comme beaucoup d’uatres je crois.
Pardon mais justement, la jupe à volants “Ete meurtrier” revient, en particulier la mini jupe à volants, j’ai vu différents articles dessus dans quelques canards. (je n’ai trouvé que ça sur le web mais c’est quand meme une jupe à volants : http://fr.modefix.com/tendances/89.html)
Pour Adjani, c’est marrant, moi qui n’était pas la dernière à me moquer de son accoutrement de veuve corse aux Globes de Cristal, en lisant plusieurs interviews d’elle, j’ai eu le sentiment qu’elle était quelqu’un de bien, plus simple qu’on le dit, elle m’a touchée.
Ah ben je fais bien d’arriver aussi tard tout le monde a dit ce que je pensais!
Moi je connais Isabelle Adjani parce que je suis vieille apparemment :)
Je n’aimais pas le personnage que je ne trouvais pas du tout naturel dans les interviews etc.. par contre, elle me fascinait en tant qu’actrice. Et pourtant j’avais toujours un a priori négatif en me disant : “encore un truc avec Adjani, elle va faire la folle (pendu! pendu! pendu!:)
C’est comme Sophie Marceau qui a une époque dans ses films ne parlait pas mais chuchotait, comme si elle était à bout de souffle. Insupportable.
Par contre Adjani, j’ai vu Camille Claudel, La Reine Margot et tout et elle m’a bluffée à chaque fois! Alors j’ai hâte d’aller voir la journée de la jupe !
Non, seulement j’arrive la dernière mais en plus, j’ai loupé Arte… Tsss.. En revanche, je peux parler d’Adjani. J’étais pré adolescente quand elle était à la Comédie Française, j’ai donc bien suivi sa carrière. Jusqu’à Camille Claudel, elle a été LA star Française avec Deneuve. Elle était tellement belle et surtout elle jouait tellement bien qu’elle a eu immédiatement une aura incroyable. trop jeune, mal préparée, elle a sûrement vécu cela difficilement. Tous les gens du spectacle que j’ai rencontré la révérait. J’ai travaillé dans 2 boites qui l’habillait ,et toute star qu’elle était, elle a toujours été très correcte. Envoyant des mots de remerciements quand on lui prêtait des fringues. Mais peu à peu ses caprices sur les tournages ont lassé. Au début des années 90, un de mes amis, metteurs en scène au théâtre m’a confié que voulant la “caster”, un agent lui avait dit: trop instable, pas fiable, plus personne ne veut d’elle. D’où la traversée du désert.On m’a même dit que sur le tournage de la Reine Margot, après chacune de ses répliques, les gens applaudissaient(!!) Tu m’étonnes qu’ elle ait pété un câble.
Je partage néanmoins l’avis de toutes celles qui ont “comé”: un peu zinzin la mère Adjani.
Stéph’ : moi le film ne m’intrigue pas, en revanche il m’intéresse ;-)
Foxy : OMG non ! Pas la jupe à volants !!
Sinon pour ce que tu dis d’Adjani, j’ai eu le même ressenti que toi.
Eve G. : voilà, on as connu Adjani actrice ? Alors on est vieille ou du moins plus jeune ? !!! argh pauvres de nous… but I feel so young !
La datation au carbone 14 à base de “ah mais moi aussi je connais Bidule…” est une méthode peu fiable, voire fourbe.
J’en veux pour preuve les ados gothiques qui te tombent dans les bras en te disant “moi aussi j’adore Indochine” ;-) >> se méfier très fort, c’est un truc à finir piercée, des docs au pied et l’écume des jours à la main, tellement on se sent en empathie soudain.
Heureusement que j’aime pas Indochine.
Isabelle : aaaaaaah j’adore les anecdotes vécues comme ça. Et alors celles des applaudissements à chaque réplique, j’imagine qu’à un moment ça doit détraquer le cerveau tout ça ! Tu as raison de rappeler que c’était une star, c’est en ce sens que je me disais que les plus jeunes aujourd’hui ne peuvent pas imaginer… ça y est je me sens vieille d’un coup !
Bonnie : oui mais Indochine reste une énigme non ? Je veux dire comment ça se peut que ce groupe soit toujours là ?
Indochine ils tuens des chatons à la pleine lune et les balance dans un cimetière.
Comme ça ils ont la longevité de carrière éternelle.
Bientôt les djeunes ils nous diront “moi j’adore Indochine tu connais ?”
Arg je meurs…
ça fait mal au crâne de se sentir vieille / jeune en même temps quand même.
Je suis paumée là, je sais plus mon âge.
Je re reviendrai pas sur les propos d’Isabelle Adjani qui était ma foi intéressants, mais sur son visage. Oh mon Dieu quelle horreur !!!! On dirait un poisson lune ! Une petite aiguille et tout éclate. Où est la jolie nana d’avant, avec les joues plus creuses et surtout avec un visage expressif.
Eve : tu as raison ce doit ça le secret !
Bonnie : voilà tu es devenue Isabelle A.
Laurence : j’adore ton sens de l’observation ;-)
Je ne suis pas folle, vous savez.
Bonnie je suis pliée de rire devant mon écran !
Je pense qu’Adjani, après ses nombreux échecs commerciaux au cinéma qui l’ont fait basculer dans un oubli partiel, a fini par en rabattre et se la joue plus “accessible” et plus “ordinaire”. Mais son visage ne trompe pas: elle arbore maintenant d’énormes implants mallaires (pommettes en silicones, elle qui avait un petit visage étroit dans “l’été meurtrier”), un nez minuscule qui n’a plus rien à voir avec son pif des années 70 et une lèvre supérieure hypertrophiée. Son visage est tendue comme une peau de tambour et son front est immobile. Est-elle si cool et si humaine qu’elle en a l’air? Pas sûr. Elle me fait penser à Madonna qui ne cesse de répéter avoir accédé “à un autre niveau de conscience”, que la maternité l’a transformée et que la gloire et l’argent, c’est du vent. Mais au final, elle est de plus en plus liftée chaque année et semble de plus en plus barge.
Je préfère une femme comme Françoise Hardy qui vieillit avec dignité sans vouloir ressembler à une jeune-femme de 25 ans.
Bienvenue Alex : effectivement la comparaison avec Madonna fait mal ;-)
Concernant Françoise Hardy je suis plus sceptique sur certains aspects de sa personnalité et de son art mais c’est une autre discussion…
“La journée de la jupe” est un grand film et d’un cruel réalisme….je n’oublierai jamais son visage après le coup de fil de son père quand elle raccroche et face à ses élèves, répète “prof de français. Je suis prof de français.” parce qu’il n’y a que ça qui compte, finalement….
Pour Françoise Hardy, je suis exaspérée par la vénération dont elle est entourée elle dont les textes ne sont guère plus intelligents que ceux de Céline Dion….et qui fait de l’astrologie ! J’ai un BIG BIG problème avec l’astrologie…mais elle a été la moitié d’un couple mythique. Voilà.