Eloge de la légèreté
L’autre jour, je discutais avec une amie de mes attirances culturelles qui ont pas mal évoluées depuis que j’ai enfanté le miracle de la vie. Certains événements liés à cette naissance m’ont rendue particulièrement sensible alors que naturellement j’étais déjà une vraie éponge aux humeurs d’autrui (colère, angoisse, stress… je prends tout merci !). Donc pour essayer de rééquilibrer tout ça, j’opte pour la légèreté. Cette amie, enceinte, a acquiescé. Ses préférences culturelles connaissent depuis peu les mêmes bouleversements que ses hormones.
Plus jeune, j’étais vraiment dans une quête introspective n’épargnant pas ma peine entre recherches personnelles, fréquentations douteuses, lectures à caractère psy, romans et films noirs… Avec le temps, je me suis allégée.
Je n’ai plus envie de violence gratuite, de torture psychologique, ni même de réflexions n’en finissant plus. Ce n’est pas que j’ai mis mon cerveau en vacances, mais que je me protège d’émotions trop dures. Comme si j’avais eu ma dose et que désormais je me rêvais au pays de Pretty Woman. Pour ne pas être entraînée au fond d’un précipice de noirceur qui prendrait possession de mes pensées les plus intimes. Car, est-ce utile de le préciser ? Ces troubles qui nous animent ne font que nous renvoyer à notre condition.
Voilà pourquoi je recherche la légèreté. Celle qui vous enrobe comme dans du miel et se déguste comme une barbe à papa. Comédies romantiques, magazines féminins, chick lit, séries à haute teneur addictive m’attirent spontanément. A mon grand dam parfois car les œuvres en question peuvent se révéler tellement vaporeuses qu’elle en deviennent niaises et ennuyeuses. Et que je sais pertinemment que les films ou les livres qui me restent le plus à l’esprit sont ceux qui ne choisissent pas la facilité et me font réfléchir.
Je revendique ce désir de légèreté et j’en écris même l’éloge ici car elle me fait le plus grand bien. Mais souvent, j’avoue avoir peur de passer à côté de la marche du monde dont je ne peux ignorer le bruit. Et comme ce n’est pas mon genre de faire l’autruche, j’accepte de me confronter… tout en zappant de temps à autre vers mes petites bulles de légèreté.






Penses-tu que la légereté soit nécessairement liée à la politique de l’autruche? Peut-etre existe-t-il plusieurs sortes de légeretés, et la tienne pourrait etre liée au fait d’etre plus mure (n’y vois aucune allusion à ton commentaire d’aujourd’hui!). En effet, l’adolescent sort de sa bulle et devient souvent hypersensible. En devenant adulte, l’expérience nous a appris à relativiser et on peut se permettre de rire de choses qui révoltent les plus jeunes. Pas rire sadiquement, non, mais savoir faire preuve d’humour sur ce qu’on ne peut pas changer, accepter la nature humaine avec ses défauts. Je voulais te citer deux ou trois réalisateurs, mais l’exemple le plus connu est Hergé: je trouve qu’il croque les bandits et surtout les personnages secondaires sans leur oter leurs défauts mais avec humour et presque tendresse. Je trouve que cette légereté est une preuve de sagesse. Après, c’est sur, lire Marie-Claire, c’est un autre type de légereté!
Quelques remarques par rapport à ton post :
- Je dinais hier chez une amie dont la fille vient de fêter ses (son ?) 1 an : elle me disait avoir hâte de sortir à nouveau, et tandis que je lui disais que par ce froid personne ne daigne mettre le nez dehors, elle ne cessait de me dire « j’ai l’impression d’être déconnectée des choses qui se passent, que plein de choses se passent sans moi » Ce à quoi j’ai répondu en rigolant « ouais mais ce ne sont peut-être pas des choses super intéressantes ! »
- Dans mon propre cas, même sans avoir enfanté quoique ce soit, je me rends compte que des choses bougent doucement dans ma vie : j’ai basculé en radio matinale sur Nova, je ne digérais plus le chaos du monde avec mon thé du matin. Je me suis surprise à écouter Radio Classique dans les embouteillages. Et bien qu’en permanence connectée, je me rends bien compte que l’hypersollicitation (pub, médias, télécommunications) me porte sur les nerfs et que j’aspire à plus de calme)
Alors éloge de la légèreté oui, et de la lenteur, aussi ! Et franchement, je ne crois qu’on loupe grand chose…
Hey, il n’y a pas de mal à se faire du bien !
Et puis, à bien y regarder, ce que l’on cherche à fuir nous rattrape toujours un jour ou l’autre, alors… P.R.O.F.I.T.E.Z ! Et peu importe, si le fruit du plaisir n’est pas au sommet de l’échelle de l’intelligence ou de la connaissance. C’est ce qu’on en fait qui compte.
C’est ce que je me dis pour me déculpabiliser à chaque fois que je suis prête, en bonne ménagère de moins de 50 ans, à consommer un produit télévisuel à haute teneur d’abrutissement, rendant ainsi mon cerveau disponible aux courants d’air.
C’est moche, je sais, mais qu’est-ce que c’est bon !
L’armadio : disons que parfois je me donne l’impression de me couper du monde. Mais si je suis honnête, je dois dire que cette légèreté me plait de toute façon !
Bonnie : OK tu as raison, rien à voir avec l’enfantement alors. Juste qu’on vieillit ?
Annabel : t’as raison, je sais que t’as raison (Marie-Carrie Fisher à Sally-Meg Ryan dans Quand Harry…). T’es au courant de la Nouvelle Star reprend bientôt sinon ?
Les filles je vous trouve bien philosophe et pleine de sagesse, ça fait plaisir à lire ;-)
Oui peut-être qu’on vieillit, mais si vieillir équivaut à moins se torturer la tronche, je prends.
Par contre, la dégaradation de la tronche, je préfèrerais m’en passer…
miam, j’adore cet éloge de la légèreté qui prend des allures de barbe à papa:-)
Pour répondre à Bonnie : si on a tendance à s’alléger la tête en vieillissant, le corps lui, s’alourdit irrémédiablement sous l’effet de la pesanteur, d’où la dégradation de la tronche. C’est pas moi qui le dis, c’est Newton ! Et c’était bien le seul truc essentiel à retenir des cours de physique au collège.
Pour répondre à Bulles : Pour sûr que je suis au courant ! Ils passent le seul jour où il n’y a vraiment rien à la télé, si ce n’est du foot (beeerk !). Et comme le chéri, il préfère le foot (beeeerk !) à la Nouvelle star (Ouaiiiiiis !) et ben c’est soirée sans télé. Je n’ai vraiment pas une vie facile…
Attendez les filles, vous lisez pas Elle ? Maintenant avec la chirurgie-qu’en-est-pas-vraiment-mais-quand-même-un-peu on va pouvoir assurer niveau vieillitude !!!
Annabel : « Ils passent le seul jour où il n’y a vraiment rien à la télé ». Le seul vraiment ? Bon ben c’est pas facile ta vie je confirme. Ceci dit W9 rediffuse qques jours après en général…
Oui c’est vrai, le seul jour avec le lundi et le vendredi… Mercredi j’ai Dr House sur TF1, jeudi j’ai Dexter sur Canal+, samedi je picole et dimanche je cuve. Ça y est, j’ai honte (il m’en aura fallu du temps, remarquez…).