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Etre une femme

17/02/2009

une-femme-sans-qualitesCette semaine, on poursuit notre quête introspective : après le couple, si on parlait  féminité et maternité ? Tout cela grâce à Bab’s de Culture sur le Zinc qui a eu la bonne idée de me prêter Une femme sans qualités de Virginie Mouzat.

Alors forcément, on en parle beaucoup car le roman vient de sortir et est surtout l’œuvre d’une journaliste de mode reconnue dans le milieu et que l’on attendait pas dans ce registre là. Celui de l’intime. Car bien sûr, son livre est un peu autobiographique.

Donc voilà cette femme, elle n’est pas comme les autres. Elle ne peut pas avoir d’enfant parce que son corps n’est pas équipé pour. Elle l’a appris à l’âge de 18 ans et depuis elle vit sa vie comme une révolte permanente. Et pour ne rien faciliter, c’est une belle plante sexy qui attise le désir des hommes autant qu’elle effraie les femmes.
Cette personne, qui a du mal à se définir, a décidé depuis longtemps qu’elle allait disparaitre d’une façon ou d’une autre. Sauf qu’il y a une rencontre qui pourrait tout changer. Mais comment débuter une relation sur ce malentendu “je ne suis pas celle que tu crois” ? Elle va donc écrire une lettre à cet homme pour lui expliquer qui elle est en réalité…

Ce récit est très prenant et, si je n’ai pas été conquise par le style de Virginie Mouzat, je dois dire que paradoxalement je n’ai pas pu le lâcher. Électrisant et attirant.
Comment vit-on quand on sait qu’on ne peut pas avoir d’enfant ? C’est une chose d’énoncer qu’on n’en désire pas, c’en est une autre d’être condamné à ce non-choix. Comment évoluer dans cette société qui a érigé en modèle dominant la famille et qui glorifie la maternité ? Comment se confronte-t-on au regard des “autres”  femmes ? Comment trouver son équilibre (son point d’ancrage ?) quand on n’a pas d’utérus comme centre de gravité ?

J’ai été particulièrement touchée par la façon dont Virginie Mouzat décrit l’envie de se diluer de son héroïne, sa façon de ne s’accrocher à rien, d’être là sans y être. L’envie de faire se désagréger ce corps qui ne sert à rien et ne ressent aucun plaisir.

Un beau roman plein de franchise que, vous l’aurez compris, je vous recommande.

“Une femme sans qualités” de Virginie Mouzat, Albin Michel

7 Commentaires laisser un →
  1. 17/02/2009 11:06

    Voilà un thème très intéressant et dont les femmes ne parlent pas beaucoup. En effet, celles qui peuvent avoir des enfants ne se sentent pas concernées, au contraire, elles sont occupées par leur contraception. C’est normal! Et celles qui ne peuvent pas en avoir, elle n’ont pas envie d’inspirer de la pitié, surtout en parlant de quelque chose de si intime, et elles n’ont pas envie de déranger le petit bonheur tranquille des autres.

    Chaque femme réagit à sa manière et j’imagine que le rapport à son corps de la protagoniste en est un, mais je voudrais aussi entendre parler de la réaction des hommes. Dans ce livre, il me semble qu’elle n’a pas de relation stable, et donc aucun homme n’est concerné par sa stérilité. Mais dans un couple? L’envie d’avoir des enfants peut etre tout aussi irradiante pour un homme que pour une femme, et je crois que le problème du point de vue masculin est rarement exposé.

    En tout cas bravo à Virginie Mouzat de s’etre lancée dans ce thème!

  2. 17/02/2009 12:15

    Dans le livre de Virginie Mouzat, la relation au corps est primordiale puisqu’elle définit en quelque sorte la façon dont elle envisage sa vie : elle veut disparaitre. Donc effectivement, pas de relation stable puisque le personnage n’est pas du tout dans cette quête.
    En fait, c’est difficile à retranscrire mais elle est définitivement hors du monde voire intouchable…

  3. Stéph' lien permanent
    17/02/2009 17:23

    Je ne connaissais pas Virginie Mouzat avant mais j’ai très envie de lire son livre. Ce que tu en dis me donne encore plus envie.

  4. 18/02/2009 00:44

    En effet un sujet délicat et touchant. Je pense que l’équivalent masculin même s’il est aussi sensible mériterait à être évoqué.

  5. 18/02/2009 09:10

    J’ai lu son portrait dans libé, elle m’a bcp intrigué cette femme, effetivement, je pense que je vais me l’acheter ce bouquin …

  6. 18/02/2009 12:31

    Je constate en tout cas que le sujet intéresse.

    Sasa : je viens d’aller lire le portrait de Libé et ça apporte de nouveaux éléments qui ne sont pas dans le bouquin.

  7. 18/02/2009 17:54

    Je l’ai vue sur France 5 et j’ai tout de suite frappée par sa beauté et un drôle de mélange entre force, mélancolie, sensibilité, cynisme et aussi c’est vrai, une certaine absence dans le regard. Une vieille âme dans un corps de blonde, pas dupe de grand chose… Elle capte immédiatement l’attention, dans ce sens le portrait de libé est éloquent.

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